lundi 16 avril 2012

BRIMBORIONS D'AVRIL


Incroyable: le type qui a importé la fraise en Europe au XVIIIème siècle s'appelait Frézier.

Il y a une explication. Wikipédia: « Le nom de Frézier est par une coïncidence extraordinaire une déformation du mot fraise : Julius de Berry, un de ses ancêtres, avait servi un plat de fraises des bois au roi Charles III le Simple à la fin d'un banquet à Anvers en 916, roi qui le remercia en l'anoblissant et lui donnant le nom de Fraise, qui se déforma en Frazer après émigration de la famille en Angleterre puis en Frézier, après que la famille fut revenue faire souche en Savoie. »

L'incroyable de l'anecdote résonne jusque dans la physionomie de Frézier: son nez.

Lu dans Ecuador, de Henri Michaux: « Pas une chose sur notre planète, je vous assure, ne ressemble autant à un nuage qu'une île. »

Lu dans Ecuador, de Henri Michaux: « Il y aussi le petit nuage collant. Il reste dans un trou tout le jour, ou se tapit dans un coin de pâturage, et il suce une brebis, à fond. »

Lu dans Ecuador, de Henri Michaux: « Cette forêt est chauffée. Immense appartement. »

Lu dans Ecuador, de Henri Michaux: « Il n'en garde pas moins son idée, qui est profonde et largement ramifiée. »

Lu dans Ecuador, de Henri Michaux: « Il y avait à ce moment-là dans cette région un oiseau déboucheur de bouteilles. Son chant n'est pas bien long. D'abord un son de préparation, puis, rrap... vous faisait sauter le bouchon de la bouteille et le liquide se répandait en bourdonnant. Ce qui était surtout bien imité, c'était l'arrachement du bouchon: on sentait le vide après, et l'air qui rentrait dans le goulot.(...) Cette forêt où pétait de tous côtés le champagne était étonnante. »

Lu dans Ecuador, de Henri Michaux: « On entra dans le courant comme dans un engrenage. »

Lu dans Ecuador, de Henri Michaux: « Des gouttes de sang tombent du hamac placé au-dessus de moi... Ca c'est le danger des vampires... Quand on a été piqué une fois, ils vous reconnaissent entre tous et c'est vous qu'ils veulent. »

Lu dans Ecuador, de Henri Michaux: « Il y a aussi dans l'eau un petit poisson charmant, gros comme un fil de laine, joli, transparent, gélatineux. Vous vous baignez, il vient à vous, et cherche à vous pénétrer. Après avoir sondé au plus sensible, avec beaucoup de délicatesse, (il adore les orifices naturels) le voilà qui ne songe plus qu'à sortir. Il revient en arrière; mais reviennent en arrière aussi et se soulèvent malgré lui une paire de nageoires-aiguilles. Il s'inquiète, s'agite et tâchant de sortir ainsi en parapluie ouvert, il vous déchire en d'infinies hémorragies. Ou l'on arrive à empoisonner le poisson, ou l'on meurt. »

Lu dans Ecuador, de Henri Michaux: « Dès que dans l'eau se répand du sang, si peu que ce soit, viennent les caneros, pas bien plus grands que des sardines, nombreux comme elles, mais voraces et forts, vous emportent le doigt d'un coup. Pour un homme ou une femme de soixante kilos, il leur faut environ dix minutes. On n'a jamais retiré un cadavre de l'Amazone. »

Lu dans Ecuador, de Henri Michaux: « On avance ici comme des policiers. Et rien que pour s'asseoir, il faut prendre des précautions de laboratoire. Au lieu qu'en Europe, on peut s'abandonner à la nature, vivre de plain-pied avec elle. Quant à avoir ici sa propriété... Et puis? Le serpent vient vous tuer chez vous. »

Renversé plein de café sur mon exemplaire de bibliothèque d'Ecuador de Henri Michaux.

mardi 10 avril 2012

BRIMBORIONS EN FORME D'ESCARGOTS

Chez Mikel. « J'ai écrit à l'ONF pour protester quand ils ont numéroté les arbres, là-bas», dit-il en montrant le bord de l'eau. «Alors j'ai dit, puisque c'est comme ça, je vais numéroter les escargots de mon jardin.»

« Quand j'en attrape un, s'il est blessé ou mal en point, je le soigne. Puis je le numérote. »
Sur son carnet, jour après jour, les numéros de ceux qu'il a croisés, les nouveaux, ceux qui sont morts. 892, 1724, 2542...

Il me montre la « nécropole ». Des coquilles vides toutes numérotées. « Je change de couleur tous les 100 environ. Pour le moment, c'est noir sur fond bleu. »

« Tu as commencé quand? » « Il y a dix ans. » « Combien tu en as numérotés depuis? » « Environ 6000 ».

Lu: On a retrouvé le jardin d'Eden au Kazakhstan.

Les montagnes d'Almaty, ou Tian Shan, ou montagnes "célestes" cachent des "forêts d’arbres monumentaux pouvant atteindre plus de 30 m de haut, entrelacés de lianes et croulant sous une abondance de fruits".

Ce sont les ancêtres de nos pommes, des pommes préhistoriques.

Les pommes d'Almaty: "Certains fruits ont la chair rouge et des arômes « de rose, de banane ou de framboise »"

Les pommes d'Almaty: "Une saveur incomparable que l’on doit aux ours"

Mikel Chaussepied a reçu cette pub dans sa boîte aux lettres: « Monsieur Chaussepied, nous vous offrons une paire de chaussures gratuites. »

BRIMBORIONS DE PAQUES

Chez le peintre Mikel Chaussepied, qui veut faire mon portrait. Il m'a dit: « J'habite au Relecq-Kerhuon, derrière le Ciel. » Le Ciel, c'est le Centre international des langues. Je confonds avec le Crédit Mutuel et je me perds.

Chez Mikel Chaussepied, il me montre un portrait d'auteur qu'il a fait, Louis Hémon. Le nom me dit vaguement quelque chose. Il me dit: « Il a écrit le livre le plus vendu au monde après la Bible. » C'est Maria Chapdelaine.

Sur les murs de l'atelier de Mikel Chaussepied, des araignées peintes un peu partout, le portrait d'un général, d'un capitaine de vaisseau de ses ancêtres envoyé en Haïi à l'époque de Toussaint Louverture et du roi Christophe.

Dans son jardin, une fontaine bretonne que son père a sauvée. Devant, une tête de Christ décapitée par les sans culottes.

Il me montre aussi un arbre qu'il a ramené de Patagonie. « C'est l'Arbre de feu. »

Je travaille avec Olivier Balez sur une BD autour de Dominique A. On le rencontre en Janvier au théâtre de la Ville de Paris. Il nous avoue sa passion récente pour Bob Morane (la BD). A l'instant de lui envoyer la première planche par mail, je reçois ce spam: « Rencontre avec Henri Vernes: près d'une heure d'entretien avec le père de Bob Morane. »

Concert de Daniel Johnston à Nantes. Jad Fair, en première partie, plie le manche de sa guitare.

Salué Jad Fair à la sortie de son concert (on l'avait invité au Festival Invisible). Je lui demande des nouvelles de sa guitare. Il dit: « I've got a rubber band. ». Il me montre l'élastique qui sert de charnière entre le manche et le reste.

A Nantes, photo d'une maison qui semble avoir fondu, comme un vieux fromage.

dimanche 1 avril 2012

BRIMBORIONS

Cette nuit, j'ai fait un rêve très structuré, avec une histoire et des personnages, et un degré de réalisme hallucinant. Je me suis réveillé stupéfait. Impossible de me souvenir.

Je crois qu'il y avait des casques à cornes, des haches et des trucs vikings.

Grondements inexpliqués au-dessus du Finistère. Dans le Télégramme: « Vous avez entendu trois grondements? Témoignez! »

C'était des tirs de missile.

On va au restaurant. Devant l'Eglise Saint Louis, on tombe sur une énorme pancarte menaçante avec écrit en très gros: « Carême»

Rêvé d'une tortue qui vole. La tortue devient une espèce d'avion à l'ancienne, genre Jules Verne. Puis l'avion devient un énorme machin. Des camions, sur la route, se contorsionnent pour le regarder, et carambolent. Plein de camions en boule vont s'encastrer dans le machin, désormais en tôle, qui se déforme sous les chocs, mais les absorbe.

Au Festival de Loperhet, un type avec un t-shirt: « Nous servons le mal. »

Festival de Loperhet, dans le brouhaha, entendu à la volée: « C'est un peu une vengeance parce que je suis ardéchois. »
Festival de Loperhet: un type déguisé en batman lit un magazine sur les chevaux.