lundi 19 avril 2010

BRIMBORIONS


A Saint-Rivoal dans les monts d'Arrée pour un concert de free-noise italien dans un bar en pierre de taille, en fait le salon des gens: ils ont poussé les meubles et ouvert la buvette.

Comme le groupe joue trop fort pour mes oreilles, je vais dehors. A travers les murs de pierre, le niveau est parfait. Le ciel est super dégagé: plein d'étoiles filantes.

Soudain, une énorme étoile filante, rouge orange, avec des flammes derrière passe dans le ciel. Spectacle grandiose. Une météorite? Cris de joie et applaudissements.

C'est la saison, sans doute: une énorme boule de feu a traversé le ciel américain quelques jours plus tôt, semant l'épouvante.

Le ciel était dégagé. Il fait chaud: un anticyclone a posé sa cloche sur l'Europe. On se croirait en été. Dérèglements climatiques, météorites, et un nuage de cendres vomi par un volcan islandais qui plane au-desus de nos têtes: ça fait très plaies d'Egypte.

Le plus étonnant, c'est que le ciel est totalement vierge. Plus d'avions, plus de traînées blanches qui quadrillent le ciel: ils sont interdits de vol à cause des cendres en altitude.

On a l'occasion, pour la première fois, de regarder le ciel tel qu'il a toujours été depuis la préhistoire, à quelques ptérodactyles près.

Photo: Hélène Clémente

mercredi 14 avril 2010

BRIMBORIONS d'AVRIL

Révélation dans le train: Marteau brise-vitre, en Espagnol, ça se dit Martillo rompe-cristal. On dirait le nom d'un héros de conte de fées.

Mon docteur me parle des médecines parallèles et me dit: « Ah mais moi, vous savez, je serais tout à fait capable de prendre votre tension avec un pendule! »

Chez le kiné. Une ombre passe devant la fenêtre. Il lève la tête et dit: « Ah, il y a un oiseau. » Puis il devient tout pâle et murmure: « Pourvu que ce ne soit pas un pigeon... »

Vu ce slogan sur les murs de la ville: « Revulvons-nous! »

Mort de Dédé. On a raconté à César que son grand-père allait partir pour le ciel. Devant le cercueil, il dit: « Tu parles d'une fusée! »

Je vais acheter des cigarettes à l'Excalibur.

La patronne s'est fait braquer il y a un mois. Je lui demande comment ça va. Elle me dit qu'elle a peur le soir de fermer le bar.

Le type qui l'a braquée était un client régulier. Dix minutes avant le braquage, il est passé en scooter devant la vitrine, pour voir s'il y avait du monde. Il était tête nue, avec ces lunettes inimitables.

Ensuite, il fait irruption dans le bar avec une cagoule qui lui couvre tout le visage. On ne voit que ses yeux, et par-dessus, les lunettes inimitables. Depuis, il est en prison.

La patronne me raconte tout ça et assène, en se penchant, les yeux écarquillés: « Rendez-vous compte, il a dit qu'il avait l'intention, ce sont ses mots, de me sau-ci-sson-ner! »

A la Mairie de Saint-Marc, où on est allés pour protester contre la fermeture de l'école d'Arthur, Christian me fait remarquer ce paradoxe: il n'y a qu'un stylo vert, mais on a quand même trouvé le moyen d'écrire en vert dessus.

mardi 5 janvier 2010

BRIMBORIONS DU QUEBEC

Dans le métro, une affichette. Il manque des lettres, et ça donne: « Les places numérotées sont réservées par utile de cul. »

Québec: lu sur un panneau, « Je t'aime, Marie Pilon ».

Québec: au flanc d'un camion, un logo en forme de kangourou, et la devise de l'entreprise, « Nous sautons pour plaire ».

Au Québec, les enseignes KFC (Kentucky Fried Chicken) sont rebaptisées PFK (Poulet Frites Kentucky).

Québec: dans le métro, une dame s'arrête à côté d'un SDF roulé en boule dans un coin, le regarde, s'apprête à repartir, hésite, fouille dans son sac comme si elle cherchait une pièce à lui donner, et finit par lui jeter un journal. Puis elle s'en va.

C'est une brochure intitulée: « God will end all suffering ».

Deux heures après, je repasse. Le SDF est parti, mais la brochure est toujours là.