jeudi 28 mai 2009

BRIMBORIONS

J'ai rêvé que je passais une frontière, malgré les mises en garde d'un militaire, et que j'arrivais dans un pays inquiétant, où un tortionnaire brisait les doigts des gens, et où on trouvait partout des orvets et des cécilies. J'étais là pour acheter des planches originales de Munoz.

Pour une fois, je peux démonter le mécanisme du rêve: hier soir, j'ai lu plusieurs chapitres de Kafka sur le rivage, de Haruki Murakami, où il était question d'un tortionnaire de chat (une scène épouvantable) et d'Adolf Eichmann (voilà pour le côté pays fasciste inquiétant). Je suis en train de travailler sur un projet de BD avec Olivier, et ça m'accapare totalement, d'où les planches. Olivier vit au Chili, d'où l'Argentine de Munoz, associée à l'Allemagne nazie (Un autre dessinateur argentin, Albert Breccia, a eu des problèmes avec la dictature militaire). Et enfin, je lis ces temps-ci à Arthur des livres sur les batraciens, les reptiles, d'où les orvets et autres.

Mais ça ne m'avance pas tant que ça, finalement, d'avoir démonté le mécanisme du rêve. Je suis comme un type devant un réveil en pièces qui ne marche plus.

De l'autre côté de la rue, sur un mur, à côté des tags, un dessin d'oeil Egyptien.

mercredi 27 mai 2009

BRIMBORIONS

Arthur a été puni à la Garderie. Je lui demande pourquoi. Il me répond: « Parce que mon copain a dit qu'un train avait des narines! »
« Et ensuite? »
« Ensuite, il a dit qu'un train avait des yeux. »
« Et ensuite? »
« Ensuite, il a dit qu'un train avait une bouche. »
« Et ensuite? »
« Ensuite, il a dit qu'un train avait des oreilles. »
« Et ensuite? »
« Ensuite, il a dit qu'un train avait un front. »
« Et ensuite? »
« Ensuite, c'est tout. »

A Morlaix avec Laurent. Le type de la reprographie nous dit: «L'autre jour j'avais un client complètement bourré. Il voit passer des noirs dans une voiture devant la boutique, il les insulte. Puis il rentre et me jette un paquet de feuilles sous le nez, à photocopier. Je l'ai chassé. Le lendemain, il est revenu en s'excusant, parce qu'il avait oublié chez moi un sac plein de sous-bocks. »

De retour de Morlaix, quatre fourgons gris métallisés et banalisés passent en trombe sur la file de gauche. Le premier émet une petite sirène d'alarme hypermoderne, et des diodes bleues s'allument à travers son pare-brise. Les vitres sont fumées. Ils foncent en obligeant les voitures à se rabattre sur la file de droite. Ils sortent à Landerneau.

dimanche 24 mai 2009

BRIMBORIONS DE MAI


A la piscine de Recouvrance, une voix d’enfant dans les cabines : «Papy, j’ai des rides ! » Le papy, qui ouvre son casier : «C’est normal, c’est l’eau, ça s’infiltre dans les chairs, ça les creuse, et puis ça les disloque et ça les sépare. A la fin, elles tombent toutes seules. »

Epouvantail radical : sur la route de Charente, un corbeau pendu par les pieds au-dessus d’un champ de fraisiers.

Arthur avant de s’endormir : « C’est un tout petit monstre qui répond au téléphone et qui vit dans une caverne, et personne ne peut l’attraper, et personne ne connaît son nom. »

Au bord de la Charente, le soir, concert de grenouilles: des gloussements, des discussions et des bruits monstrueux. J'imagine tout ce peuple de commères entassé dans les marécages huileux, avec quelques vipères silencieuses qui glissent entre elles.

Ce matin, j’ouvre les yeux puis je les referme, je rêve d’une grande femme nue et mince, qui passe dans la chambre, dans le décor qui est resté imprimé sur ma rétine.

Au château de Nieul, je photographie toutes les affiches publicitaires exposées, pour le projet que j'ai avec Olivier Balez. Des publicités pour des alcools oubliés ou des fantômes.

dimanche 17 mai 2009

BRIMBORIONS


Je termine le disque vert. J'en ai plein le dos à un degré cosmique.

Finalement, c'est ça le plus difficile: terminer. Et je ne fais que ça depuis quelques temps. J'ai hâte de commencer.

Acheté un coffret Méliès sur internet. Au moment de payer, il est précisé: « Voulez-vous être tenu au courant de l'actualité de ce réalisateur? »

6 heures du matin. Encore à demi endormi, j'entends quelqu'un qui fait des pointes de vitesse dans la rue, puis des dérapages sous le pont, revient, redérape. J'imagine qu'il s'agit d'un scooter et comme ma conscience morale est-elle aussi à demi endormie, je me prends à espérer qu'il se prenne un des piliers du pont.

Plus tard, un vacarme dans la rue, et quelque cris, des coups contre des poubelles, ou des voitures. J'espère que ce n'est pas la mienne. Je n'arrive toujours pas à me réveiller. Je replonge.

Au réveil, il apparaît qu'il s'agissait d'une petite voiture, que le type a abandonnée borgne d'un feu arrière, après avoir embouti en fin de course une autre bagnole.

jeudi 7 mai 2009

BRIMBORIONS

Rêvé que je me possédais un train/wagon, dans lequel je me déplaçais, suivant les rails, mais je finissais par me lasser des parcours imposés et par céder mon véhicule à la SNCF, contre un paquet de bonbons.

Avec Arthur, on sort du chemin qui passe dans les sous-bois à Launay, et on tombe sur un serpent, une vipère sans doute, lovée sur le bitume. Elle nous avise et, lentement, se déplie et disparaît dans un trou du talus.

C'était un serpent blanc, un peu argenté, et très beau. Mais on a tout de même hurlé, Arthur et moi.

Du coup, on a construit une sorte de totem avec des cailloux et un coquillage.

Rêvé que je visitais une sorte d'exposition, ou un grand bâtiment, où les gens se pressaient et faisaient des commentaires. Les marches de l'escalier se rétrécissaient et, pour finir, il fallait passer dans une lucarne au plafond, si étroite que j'avais peur que même mon crâne ne passe pas.

En ce moment, je passe du temps sur le site de Julian Cope, rock star, spécialiste des mégalithes, chaman, acid freak végétarien et païen jusqu'à l'os, écrivain passeur responsable d'avoir initié les néophytes au krautrock, au rock japonais, et même d'avoir réussi à me persuader qu'il y avait de bonnes choses à piocher dans le hard-rock. Ca fait beaucoup pour un seul homme.