mardi 28 avril 2009

BRIMBORIONS

Photo extraite de "40 ans de Rock à Brest"

A l'hôtel Vauban, discussion avec Charles, le patron. Il raconte que son père a longtemps fermé la salle de concert au sous-sol. Il ne voulait pas que Charles l'ouvre à nouveau, pour ne pas qu'il « gâche sa vie ». Charles a ouvert la salle, et il reconnaît qu'il y a laissé beaucoup, d'énergie, de temps, et de vie.

Il se souvient, enfant, de Soft Machine au Vauban, « des types habillés tout en noir ».

Il se souvient des flics qui stationnaient le Dimanche, pendant le bal de la Redoute, devant l'hôtel. L'un d'eux avait juré d'avoir la peau de son père. Lui, gamin, il goûtait dans une pièce où ils entreposaient les types saouls, par terre, en vrac.

Puis son père et ses hommes de main les chargeaient dans leur camion, sortaient par derrière pour éviter les flics, et les ramenaient chez eux.

Chez Phil Artero, ancien de la Sacem et acteur dans Comment je suis devenu un guerrier Mouktar: il me raconte que lui aussi a fait venir Magma à Brest, dans les années 70, avec son asso. « Et aussi Can, avec le japonais, et Guru Guru, et Agitation free, et Tangerine Dream. »

Phil Artero: « A la fin, on a organisé un festival dans le théâtre de verdure de Huelgoat, et puis on a arrêté. »

Il se souvient aussi d'un concert de Nico au Stella à Lambézellec, période Marble index/Desertshore. « J'étais allé la chercher à l'aéroport, avec son petit harmonium. »

vendredi 17 avril 2009

BRIMBORIONS

Salle d'attente chez le docteur. Deux types se serrent la main. «T'habites où, déjà? » «Juste à côté des Bahamas.» Les Bahamas, c'est le bar-tabac du quartier Bellevue.

Le premier type reprend: «T'es venu en voiture?» L'autre :«T'es fou, j'suis venu à pieds. Je peux plus conduire avec la morphine.»

Souvenirs du Festival Invisible: on joue avec Damo Suzuki, le chanteur de Can. Il rencontre des groupes comme ça, au hasard de ses pérégrinations, et joue avec eux au débotté. Il a bien insisté pour qu'on ne répète pas («I like instant composing»). Je mange en face de lui. Il prend en photo les plats qu'on lui apporte. Il a un préréglage «food» sur son appareil photo.

Damo Suzuki fait la sieste avant le concert. Je le réveille. Il remercie courtoisement, monte sur scène après quelques recommandations («vous faites un peu de bruit, je saute à pieds joints et vous pouvez envoyer le morceau – un seul morceau.»). Là, il se déchaine: 47 minutes de psalmodies, d'incantations, de transe. Puis il va dans la foule, serre la main à tout le monde, retourne dans son fauteuil et se rendort.

A Paris, je me promène dans le quartier de la Butte, et je vois une plaque: «La Providence – Sonnez, et entrez sans attendre».