dimanche 24 mai 2009

BRIMBORIONS DE MAI


A la piscine de Recouvrance, une voix d’enfant dans les cabines : «Papy, j’ai des rides ! » Le papy, qui ouvre son casier : «C’est normal, c’est l’eau, ça s’infiltre dans les chairs, ça les creuse, et puis ça les disloque et ça les sépare. A la fin, elles tombent toutes seules. »

Epouvantail radical : sur la route de Charente, un corbeau pendu par les pieds au-dessus d’un champ de fraisiers.

Arthur avant de s’endormir : « C’est un tout petit monstre qui répond au téléphone et qui vit dans une caverne, et personne ne peut l’attraper, et personne ne connaît son nom. »

Au bord de la Charente, le soir, concert de grenouilles: des gloussements, des discussions et des bruits monstrueux. J'imagine tout ce peuple de commères entassé dans les marécages huileux, avec quelques vipères silencieuses qui glissent entre elles.

Ce matin, j’ouvre les yeux puis je les referme, je rêve d’une grande femme nue et mince, qui passe dans la chambre, dans le décor qui est resté imprimé sur ma rétine.

Au château de Nieul, je photographie toutes les affiches publicitaires exposées, pour le projet que j'ai avec Olivier Balez. Des publicités pour des alcools oubliés ou des fantômes.

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