vendredi 17 avril 2009

BRIMBORIONS

Salle d'attente chez le docteur. Deux types se serrent la main. «T'habites où, déjà? » «Juste à côté des Bahamas.» Les Bahamas, c'est le bar-tabac du quartier Bellevue.

Le premier type reprend: «T'es venu en voiture?» L'autre :«T'es fou, j'suis venu à pieds. Je peux plus conduire avec la morphine.»

Souvenirs du Festival Invisible: on joue avec Damo Suzuki, le chanteur de Can. Il rencontre des groupes comme ça, au hasard de ses pérégrinations, et joue avec eux au débotté. Il a bien insisté pour qu'on ne répète pas («I like instant composing»). Je mange en face de lui. Il prend en photo les plats qu'on lui apporte. Il a un préréglage «food» sur son appareil photo.

Damo Suzuki fait la sieste avant le concert. Je le réveille. Il remercie courtoisement, monte sur scène après quelques recommandations («vous faites un peu de bruit, je saute à pieds joints et vous pouvez envoyer le morceau – un seul morceau.»). Là, il se déchaine: 47 minutes de psalmodies, d'incantations, de transe. Puis il va dans la foule, serre la main à tout le monde, retourne dans son fauteuil et se rendort.

A Paris, je me promène dans le quartier de la Butte, et je vois une plaque: «La Providence – Sonnez, et entrez sans attendre».

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