lundi 6 octobre 2008

BRIMBORIONS


Cette nuit, j’ai fait un rêve. Je suis arrivé devant un château fantôme mystérieux nappé de brumes en lentilles, comme des corolles de champignons. Une sorte de crainte mêlée de joie m’envahit. Il y a un gardien. Je renonce à le visiter, de peur de déranger. Je sens que c’est un très vieux dieu.

Au Mac Guigan’s, Eugene Chadbourne, qu'on a invité à venir jouer sur le disque vert, montre une plaque posée sur une poutre : Downs road. Et il ajoute : « C’est curieux, c’est là que Derek Bailey vivait à Londres. »

Il me raconte aussi que Derek Bailey était fasciné par une émission de jungle qui passait à la radio, parce que le DJ n’arrêtait pas de toaster dessus, et que a le mettait d’une telle humeur qu’il ne pouvait pas s’empêcher de prendre sa guitare et d’improviser par-dessus.

Eugene, à l’hôtel Vauban, est arrivé le soir du concert de Daniel Darc. Il me dit : « sur l’affiche on aurait dit un type très costaud et très fort. J'avais peur de lui. En fait, je l’ai croisé au petit déjeuner, il est plus petit que sa photo, il est tout voûté et il buvait une bière à 8h30 du matin. »

Eugene s’est découpé un masque de Daniel Darc dans une affiche, et a joué Le mollusque sur scène avec.

Reçu ce spam : « Bonjour, J'ai voulu savoir comment augmenter la taille de mon engin car je me sentais complexe. Hormis des sites en anglais, je trouvais rien. Enfin ce matin, j'ai touve exactement ce que je cherchais. Bonne Journee »

Je mange un sandwich sur le parking du super U à Saint Renan, quand j’aperçois un nuage de fumée sur ma gauche. Je regarde : deux types sont en train de fumer. L’un porte un anneau à l’oreille et il est chauve. Mon sandwich terminé, je recule en même temps qu’eux, et nos voitures se croisent. La leur est toute noire ou bordeaux foncé, et on peut lire que la portière : « Tanathopraxie – Science mortuaire. »

Rêvé que j’ouvrais des boîtes de conserve pleines de morceaux d’étrons flottants. Réveillé traumatisé.

Pris Valier en stop à Saint Renan, au même endroit où j’avais pris le hippie de Lampaul la fois d’avant. Le type avait un sac de linge sale avec lui, alors que Valier trimbale ses courses.

Vu sur internet, la formule du parfait sandwich au cheddar : « Pour les mathématiciens, la formule est W=[1 + ((bd)/6.5)) - s + ((m-2c)/2) + ((v+p)/7t)] (100 + l/100). "W" est l'épaisseur de cheddar en millimètres, "b" l'épaisseur du pain et "d" sa particularité (blanc, céréales), "s" est la quantité de margarine ou de beurre et "m" le volume de mayonnaise. Les autres paramètres pris en compte sont notamment la quantité de laitue ("l"), de pickles ("p"), de tomates ("v").

Vu sur internet : « Un Japonais découvre une femme vivant dans un placard de sa maison.Un Japonais, intrigué par la disparition mystérieuse d'aliments dans son réfrigérateur, a eu la surprise de découvrir qu'une femme vivait clandestinement dans un placard de sa maison depuis plusieurs mois.Ce célibataire de 57 ans s'était résolu à installer une caméra de sécurité dans sa maison de Fukuoka (ouest) afin de comprendre ce qui se passait dans sa cuisine. Lorsqu'il a vu sur l'écran de son téléphone portable une femme se promener à l'intérieur de son domicile pendant son absence, il a immédiatement appelé la police." Nous avons fouillé la maison et avons découvert la femme dans un placard", a raconté un porte-parole de la police de Fukuoka. La clandestine, Tatsuko Horikawa, âgée de 58 ans, était cachée dans la partie supérieure d'un placard, à peine suffisante pour accueillir une personne allongée. Elle y avait installé un matelas et plusieurs bouteilles d'eau. "Elle a expliqué aux enquêteurs qu'elle n'avait nulle part où habiter. Elle semble avoir vécu ici pendant environ un an, mais pas en permanence", a déclaré le porte-parole. »

Un type à la radio dit : « tirage au sort. » Arthur, qui écoutait d’une oreille me dit : « Tu as vu Papa, il a dit Tyrannosaure ! »

A la piscine, Arthur me dit : « Papa, tu mets et je mets mon costume de requin. »

Lu dans Moby Dick : « soufflez dans votre trompette ! Faites-vous des ampoules aux poumons ! »

J’ai commencé à mettre en ligne les Brimborions.

Corrections du brevet : « Nous faisions le gai. »

Internet : « Des morts qui brillent de tous leurs feux. La plupart des gens finissent à six pieds sous terre ou partent en fumée, quelques-uns se font congeler ou momifier. Mais de plus en plus de mortels passent leur éternité sous la forme d'un diamant, moyennant finances et une délicate transformation chimique pratiquée notamment en Suisse. Dans la petite ville de Coire (est), la société Algordanza reçoit chaque mois du monde entier entre 40 et 50 urnes funéraires dont le contenu est patiemment transformé en pierre précieuse. "Il y a toutes sortes de personnes: ça va du chauffeur routier au prof de philo", observe Rinaldo Willy, un des deux cofondateurs de l'entreprise, dans le laboratoire où une quinzaine de machines fonctionnent en permanence. Une laborantine, aux yeux protégés par de grosses lunettes en plastique, travaille derrière une ligne jaune et noire que le visiteur n'a pas le droit de franchir, par respect envers les morts. "Cinq cents grammes de cendres suffisent pour faire un diamant, alors qu'un corps humain laisse en moyenne entre 2,5 et 3 kilos de cendres", explique le jeune Rinaldo Willy (28 ans). Les cendres sont d'abord métamorphosées en carbone puis en graphite. Soumises à de très hautes pressions et à des températures de 1.700 degrés, elles deviennent des diamants artificiels en l'espace de quatre à six semaines. Dans la nature, le même processus prend des millénaires."Chaque diamant est unique: la couleur varie du bleu foncé au presque blanc", assure M. Willy. "C'est un reflet de la personnalité". Une fois obtenu, le diamant brut doit encore être poli et taillé suivant la forme désirée par les proches du défunt, souvent celle d'un coeur que l'on pourra porter en pendentif ou bien monter sur une alliance.Le prix de cette âme translucide varie entre 4.500 et 17.000 francs suisses (2.800 à 10.600 euros) suivant le poids de la pierre (de 0,25 à un carat). Un montant qui n'inclut pas la monte, mais qu'Algordanza juge raisonnable."Un enterrement revient très cher: c'est 12.000 euros en Allemagne", lance M. Willy, qui ne révèlera pas le chiffre d'affaires de sa société.Le patron d'Algordanza reconnaît qu'il est impossible de prouver que chaque diamant provient bien des cendres d'une personne particulière. "L'ADN brûle", explique-t-il. Mais "l'empreinte chimique" des cendres, déterminée à leur arrivée au laboratoire, permet d'établir une documentation et de retrouver l'origine du produit fini, assure M. Willy. L'industrie du "diamant humain" est en plein essor, avec des concurrents installés en Espagne, en Russie, en Ukraine et aux Etats-Unis. Fondée en 2004, la société suisse a ouvert des bureaux dans une vingtaine de pays, dont six en dehors d'Europe, et emploie au total une centaine de personnes de par le monde. Elle marche très fort au Japon, qui lui envoie chaque jour entre deux et quatre urnes, et vise désormais l'Inde et la Chine. La plupart des urnes proviennent de familles qui veulent garder le souvenir d'un proche. Mais certaines personnes choisissent de leur vivant d'être incinérées puis diamantisées, un service qui est même offert désormais par des compagnies d'assurance vie.La mobilité de la vie moderne est propice au secteur, estime Rinaldo Willy, qui remarque qu'il est difficile de se déplacer avec une urne à chaque déménagement --d'autant que certains pays interdisent de conserver les cendres d'un défunt à domicile-- ou bien d'entretenir une tombe si l'on n'habite plus à proximité.Quant à l'incinération, elle est de plus en plus courante: en Suisse, elle représente 75% des décès. Le mot "algordanza" signifie "souvenir" en romanche, l'une des quatre langues officielles de la Suisse.

Quand je suis arrivé à Saint-Renan, il y a quelques années, l’une des premières choses qui m’ait frappé, c’est l’enseigne « Veuve Pochard, débitante », sur la vieille place. En quittant la ville cet après-midi, peut-être pour toujours, en m’engageant sur le rond-point, un camion « Pochard » me cède le passage.

Vu Laurent Silliau ce matin, on a parlé de mal de dos. Il m’a dit que selon son osthéo, certains maux de dos dissimulaient en fait des maux de ventre.

J’ai les nerfs qui lâchent. Toute mon année qui me tombe sur la gueule. Je reste allongé, déprimé, et je lis des bédés.

Acheté de l’encens ayurvédique pour équilibrer les humeurs anxieuses.

Départ du tour de France à Brest. On y a emmené Arthur. En regardant passer la caravane, récolté un stylo Etaphotel et quatre petits saucissons apéritifs Cochonnou.

Ce matin, en emmenant Arthur chez Monique, j’entends un oiseau étrange siffler dans les arbres. En fait, c’est un ouvrier qui descend de son échelle.

Reçu ce mail: « Faites-vous des amours, ces montres également. »

Contenu du mail: Chez nous, non seulement sur la qualite de respect, mais aussi sur les prix. Nos montres sont-ils tres populaires et vous serez heureux si vous nous maintenant a cette marque de montres. Recevez-vous ces montres tres rapidement, surement et bien. »

Je discute avec Christophe. Je lui dis que si l'île longue explose, ils nous donneront des pastilles d'iode. Je l'ai lu dans un article sur la zone Seveso du port de commerce. Christophe hausse les épaules: « Il y aura des queues pas possibles. Et puis il n'y en aura pas pour tout le monde! » Et il ajoute avec un regard en coin: « Un lot de pastilles d'iode, ça ne coûte que 6 euros sur e-bay. » Je lui demande: « Tu en as acheté? ». Il déclare: « Oui. »

Cette nuit, rêvé d'une salamandre qui sortait d'une espèce de bouillon de culture et me parlait. Ses pattes partaient en ramifications, coupées ensuite grossièrement, comme des racines d'arbres tranchées au hasard.

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