lundi 30 juin 2008

BRIMBORIONS 2002 -2006 (6)

Je lis un livre sur Noël : le père Noël est un télescopage entre Saint Nicolas et son valet noir, Black Pete, ou Zwarte piet, lointain avatar de Pan, du dieu cornu, donc une sorte de diable. Les deux personnages (un prototype de Père Noël d’un côté, un Père fouettard préhistorique de l’autre) sont souvent mélangés. D’ailleurs, Old Nick, chez les anglais, désigne le diable, et Nickname (le surnom) désigne notre nom sulfureux, celui qui ne nous vient pas du baptême.

Arthur voit un chien et s’exclame : " Tsien ! " Je ne sais pas si j’ai bien entendu, ou si j’ai interprété, mais je crois que c’est son premier mot après Baba et Momom.

On devait enregistrer le prochain album à l’Oreille KC. On va voir avec Morgan : inondation. On passe les deux heures à éponger, en remerciant le destin de ne pas y avoir déjà déposé le matériel.

Reçu ce mail : " Forgot your umbrella again ? Your brain’s biggest enemies are poor circulation, low levels of essential nutrients, and free radicals. "

Au Zoo de Hiesse, Maëlle dit : " Oh, il y a des zèbres ! ". Puis, se ravisant, : " Ah non, c’est des chaises. "

J, dans la salle des profs du Collège, nous dit qu’il a connu une dame qui vivait près du cimetière de Kerfautras, dans une maison en mosaïque très orientale, où elle passait ses journées assise au balcon à tricoter fiévreusement. De temps à autre, elle descendait pour gesticuler dans le vide au carrefour, traînant sa pelote derrière elle.

On passe en revue tous les étranges : celui que j’appelle le baron Samedi, ce noir barbu qui erre en demandant des sommes très précises aux gens (" vous n’auriez pas deux euros soixante sept ? "), R qui s’entraînait pour les jeux olympiques en marchant de bar en bar et travaillait ses cuisses avec des patins de fonte, le bibliothécaire viking qui marche pieds nus, cheveux au vent, et porte une cape sur son torse nu, hiver comme été. Et le gros écossais en armes avec kilt et tout le tintouin (épée, fourreau…), qui était venu commander un verre au café noir un jour que j’y buvais un coup.

Visité le local du Gymnasium, où on devrait enregistrer le prochain album. La pièce mauve que nous proposait la riche et excentrique propriétaire est impraticable : le sol est creux, les murs sont trop fins. Du coup, on s’est rabattus sur l’ancien sauna.

Aujourd’hui, Morgan a vissé deux lamelles de métal sur la porte du sauna, pour mettre un cadenas.

Festival de Chambéry : au café de la boule, où on va voir des verres, la boule en question, c’est le nez du patron. Une vraie fraise. Il boit du Jack Daniels à longueur de journée. Quand il est pété, il sert des verres à l’oeil et triple les rasades de whisky.

Quatre jeunes filles viennent me chercher à la gare de Grenoble. Dans la voiture, l’une d’elle me demande : " vous aussi, vous avez NRJ à Paris ? "

Elle ajoute : " Ah, moi je croyais qu’on ne la captait qu’à Thonon les bains. "

La bibliothécaire aveugle qui m’a offert une version cassette de Basile et Massue a une machine qui lui permet de lire les mails en braille. Je suis allé voir sa machine : c’est une sorte de table avec des piquots qui sortent et rentrent comme des petits verrous.

Dédicaces : je dis à une dame : " vous voulez que je vous dessine une bouteille de vin ? " Elle me répond : " Oh non, mon Dieu, papa est mort d’une cirrhose. "

Elle ajoute : " C’est comme mon mari, il est mort d’un cancer du poumon. Moi, j’y suis pour rien, ni pour l’un ni pour l’autre. C’est pas moi qui leur apportait à boire ou à fumer. "

Les Charmettes, la maison où Jean-Jacques Rousseau, paraît-il, fréquentait Madame de Warens. Au loin, une montagne avec à son sommet une sale croix monumentale. Elle écrase toute la vallée.

Aux Charmettes, les domestiques dormaient juste au-dessus du lit de Jean-Jacques Rousseau, sur une paillasse, dans le faux plafond.

Festival de Chambéry : la fontaine du centre-ville aux quatre éléphants, a plutôt l’air d’embarrasser les habitants. La dame qui m’emmène à la médiathèque Georges Brassens la trouve très laide. Moi je l’aime bien.

L’explication : les éléphants d’Hannibal pour les uns, le leg du comte de Boigne, roturier (un Leborgne à l’origine), qui avait fait fortune aux Indes.

En haut, au-dessus du fatras d’armures et d’armes exotiques, un bouddha et un ganesh, le dieu à tête d’éléphant.

Il paraît qu’on a essayé de reproduire l’exploit d’Hannibal. L’expédition a échoué à cause des cris des marmottes, qui terrifiaient les éléphants.

Café Chabert : avec les membres du Comité, je discute de tout et de rien, mais surtout des soucoupes volantes et des druides. L’idée d’un roman sur les ovnis me vient.

Maurice Audebert, qui a écrit un premier roman à l’âge de 83 ans et a travaillé toute sa vie comme prof de philo, me dit que tout ce qu’il a appris est tiré de la Phénoménologie de la perception, de Merleau-Ponty.

Franz Bartelt, le parrain du festival, dit : " mes amis ne me croient jamais, quand je leur dis qu’écrivain, c’est un boulot de fainéant. "

Il paraît qu’au siècle dernier, il y avait encore des lois Sardes en vigueur à Chambéry. Des éléphants, des lois sardes : c’est exotique.

Salle des profs : à la récréation, je m’assieds sur une banquette et je me mouche. Ca fait un boucan du tonnerre, qui me fait moi-même sursauter.

F arrive à la maison en vélo. " Je suis venu en vélo ", dit-il simplement. Avant de prendre ma voiture pour aller au local, il décide de laisser le vélo dans ma cage d’escalier jusqu’au soir. Il découvre soudain la clef de sa voiture dans sa poche. Il faut la ramener à C pour qu’elle aille chercher le petit à l’école. On fait un crochet par chez lui, on remet la clef, on va au local. A la sortie, il semble partir dans une autre direction. Je lui demande s’il compte rentrer à pieds. Il dit que non et il monte dans la voiture de C, qui passait par là : " on va faire les courses ". Ils s’en vont. Ca fait trois jours que son vélo est dans ma cage d’escalier.

Dans les angles du local, autour des plinthes, d’affreuses moisissures qui ressemblent à de l’herpès. Ca fait des mousses blanches atroces.

Il a fort à parier que derrière les lambris du sauna, c’est tout vert et franchement pourri.

J’imagine d’odieuses proliférations champignonesques, semblables à des guirlandes de lait caillé.

Passé le local à l’eau de javel. Morgan a mis des tentures au plafond.

J’ai acheté un pot de rillettes de la mer Guyader. Ils ont changé de nom, car le précédent leur portait préjudice. Quelqu’un a dû leur dire. Avant, ça s’appelait Gastr’Océan.

Hier, promenade sur le boulevard Gambetta. Au loin, quelque chose brille sur l’île longue. On dirait un éclat métallique d’une extrême intensité, ou un flash d’appareil photo qui dure. Puis ça disparaît.

Fumée dans la rue : je sors. Une voiture fume comme l’enfer. J est en train d’essayer d’aider la conductrice. Il lui dit de couper le contact. Elle lui montre sa clef de contact, paniquée. Elle l’a retirée, mais la bagnole continue de tourner.

J lui conseille de passer une vitesse et de lâcher l’embrayage, et elle finit par caler. Un épais nuage noir roule dans la rue.

Titre d’un livre vu au Leclerc : " Echec et Tag à Clohars Carnoët. " C’est publié chez Bargain, comme le désormais culte " Chasse au congre à Lannilis ".

Cet après-midi, on va au local (le sauna) et on rencontre Lionel, qui va venir jouer de la guitare avec nous.

Toujours dans l’idée de faire un traité sur l’exotisme : ça pourrait s’appeler " L’Inde en Toc. "

Téléchargé des vidéos sur les ovnis. Sur l’une d’elle, on voit des projecteurs rouges au loin, qui tournent dans les nuages. A un moment, on croit voir la forme d’une soucoupe énorme.

En fait, on refoule les ovnis depuis 1947.

Foo fighters : lumières volant en formation derrière les bombardiers de la seconde guerre mondiale. Elles sont inoffensives.

Je suis au bord de la plage de Tréompan. Un berger allemand me regarde.

Des idées de romans ou de nouvelles : Un type emmène un vieillard à la mort, sorte de dernier voyage mystique, titre : Comment je suis devenu un guerrier Mouktar.

Une grosse dame et son chauffeur : deux paumés prolos qui décident de brûler la chandelle par les deux bouts et d’y aller à fond. La voiture : une vieille jaguar décapotable. C’est l’été.

Une pantomime urbaine nocturne sur le thème de la folie : Réginald le skinhead, Alphonse qui prépare les jeux olympiques, le colonel et l’armée des Indes, un écrivain paumé (le narrateur). Titre : A dreuze.

Un collectionneur qui chercher un disque unique. Sorte de voyage en train mystique.
Et là-dessus, Krautrock et Soucoupes.

Raffarin est parti comme un baudet tout meurtri de son ministère. Chirac a fait un discours où il larmoie. Pauvre Raffarin, qu’il-avait-donc-du-coura-a-age.

Souvenons-nous de Raffarin : un petit type gros, trapu et laid, avec une sorte de bosse, un nez écrasé, admirant l’œuvre de Johnny Hallyday et citant la chanteuse Lorie en exemple, adepte de formules qui tapent (" il faut chasser l’esprit grognon ! ").

Vu L aujourd’hui. Il passe des concours d’infirmier. Il fait toujours un peu de musique.

Sur la route, je devine une objet. C’est une peau de banane.

Dans la zone Kergaradec, un panneau signale la présence d’un truc de paintball. C’est précisé : " labyrinthe de 500 m2 ".

Par la fenêtre de la salle de classes, je vois passer l’intendante et l’homme de services, comme on dit, c'est-à-dire celui qui fait tous les travaux de bricolage et de jardinage au Collège. Ils restent autour d’une butte de terre, en s’en tenant à bonne distance. Puis arrivent les pions. Puis d’autres personnels de services. Puis le principal. Tout le monde se tient à distance. En fait, c’est un essaim d’abeilles qui s’est roulé en boule sur le butte.

Ils ont appelé un apiculteur. Il va venir chercher les abeilles.

Les morceaux du prochain album avancent vite. L’autre jour, je me rends au sauna avec Morgan et je tombe sur Yu en train de tirer les baguettes du Yi King à une fille.

Sur une sorte d’autel, L’enseignement de Ramakrishna. Le livre doit appartenir à Yu. A côté, un cadavre de bouteille de Jeanlain.

On regarde l’Homme d’Aran, de Robert Flaherty, un beau film tout en transparence.

Dans l’Homme D’Aran, on voir un requin baleine. Ca fait toujours bizarre de voir un requin sans dents.

Promenade Boulevard Clémenceau : à nouveau, phénomène lumineux à l’autre bout de la rade, comme un reflet métallique très intense. Même heure, même endroit que la fois précédente, mais cette fois, ce n’est pas sur l’île longue, mais sur la presqu’île de Plougastel.

Très mal dormi. Grosses angoisses. Allergies. Démangeaisons.

J’ai horreur de ça : sommeil translucide cérébral, avec le sentiment que mon cerveau est un disque rayé qui radote la même connerie.

Morgan fait des prises témoin en bas, dans le studio préhistorique. Pour ma part, je tape des brimborions.

Je suis en train de finir Le Fantôme de l’Opéra, de Gaston Leroux. Au début, je le trouvais pénible, mais en fin de compte c’est un roman incroyable. Tout commence par du surnaturel, et tout finit dans la mécanique.

Ce matin, après une nuit paisible et profonde, je suis parti très contrarié pour Ploudalmézeau. Je ne sais pas pourquoi.

Sur la route, un camion. Marqué dessus : Tourbières de France, la Passion du Substrat.

J’ai fini le Fantôme de l’Opéra. C’est génial. La chambre des supplices, ou une simulation de jungle congolaise.

Le petit robot qui était coincé sur Mars vient d’être désembourbé.

Ecrit un petit texte, sur le modèle des Cent noms de chevaux, qui s’intitule Constitution d’un gouvernement.

Affiche jaune du Ouest France : morts étranges de sangliers.

X, clame partout qu’il n’a jamais été saoul. Il n’a jamais bu, ni fumé. Il ne loupe aucune occasion de le faire savoir et de le marteler, tant et si bien que je me demande quelle est la drogue qu’il essaye de cacher.

P entre et demande à X si ce n’est pas son briquet qu’on vient de retrouver. X s’offusque : " Que voulez-vous que je fasse d’un briquet, je ne fume pas ! "

C dit : " Je tente d’arrêter de fumer. " X déclare : " Et bien moi, je n’ai jamais commencé. "

Réveillé avec le dos bloqué : Maëlle me met du baume décontractyl et je fais une réaction cutanée carabinée : on aurait dit que j’étais bicolore.

Vu Nanouk l’esquimau de Robert Flaherty. J’ai compté : ils rentrent à six dans un kayak. Trois adultes, un bébé, un enfant et un chiot.

Vu également un dessin animé, Frozen Frolics, sur-titré Aesop’s sound fables. Ca date des années 30. Un vieux morse déchausse ses défenses pour jouer du xylophone. La musique sonne comme du Spike Jones ou du Raymond Scott.

On nous a volé notre poubelle.

Finalement, on va déserter le local.

Obligé de déposer plainte pour vol de poubelles, pour que la CUB nous en refile une autre.
La plainte est déposée : " Récépissé de déclaration :
Monsieur Le Gouëfflec
Arnaud
Demeurant xxx 29200 Brest
A déclaré avoir été victime de l’infraction suivante :
Vol de poubelle. "
Procès Verbal (sic)
L’an deux mille cinq
Le quatorze juin à quatorze heures dix
Nous, xxx
Gardien de la paix
Agent de police judiciaire
En fonction à la brigade j1
En résidence à Brest
Etant au service
Constatons que se présente à nous Mr Le Gouëfflec Arnaud qui nous déclare :
" le 11/06/2005 vers 19 heures, j’ai sortie ma poubelle du domicile et j’ai voulue l’a rentrée le 12/06/2005 vers 13 heures, j’ai constaté qu’elle avait disparu
j’ai téléphonné à la CUB pour avoir des explications, il m’ont répondu que ma poubelle avait été volée.
Je n’ai aucune idée de la valeur de ma poubelle.
Je suis assuré à la compagnie d’assurance xxx sous le numéro xxx pour le vol
Je n’ai aucune idée sur le où les auteurs.
Je n’ai rien d’autre à ajouter
Je dépose plainte contre x "
Si l’on ne doit retenir qu’une phrase de tout ce que j’aurais dit ou écrit, que ce soit :
" Je n’ai aucune idée de la valeur de ma poubelle. "
Il m’a également remis une liasse de documents sur les droits de victimes.

Dos bloqué : petite hernie au niveau de la nuque.

Ca fait trois semaines que le vélo de F est dans notre entrée.

Ce matin, alors que je sortais avec Arthur, une camionnette de la CUB s’est arrêtée et deux types très aimables en costumes jaune fluo sont venus déposer une poubelle flambant neuve devant la maison.

F a récupéré son vélo.

P m’appelle pour me dire que ce n’est pas possible d’investir le local à Milizac. Après les inondations à l’Oreille KC et le plan du sauna, ça fait la troisième fois. Comme dit Lionel : c’est le mektoub.

Je prends des anti inflammatoires pour l’hernie. sur la notice : " Peut également intervenir, exceptionnellement, un décollement de la peau pouvant s’étendre rapidement de façon très grave à tout le corps. "

Mal à la nuque. Dormi deux heures cet après-midi, en écoutant le premier album de LA Düsseldorf. De temps en temps, je me réveillais, je tentais d’écouter et de me faire un avis, mais je me rendormais.

Toujours vachement mal au dos.

L’autre jour, je prends en stop devant l’hôpital de Bohars un gamin de quatrième. Il avait oublié sa carte de bus. Paniqué. C’est un surdoué, ils vont lui faire passer le bac blanc. Il parle beaucoup. Il sue. Il est angoissé. Au bout d’un moment, il me dit : " je peux vous payer, vous savez, j’ai de l’argent dans mon sac. "

Je lui réponds : " non, le bus c’est payant, mais le stop, c’est gratuit. "

Rêve touffu : j’accompagne un tigre. Il voit des gens. Il leur donne un nom. Il parle. Je crois que le Tigre, c’est Arthur.

En ouvrant le coffre, un insecte tombe sur le bitume. Il avance lentement, tout caparaçonné. Soit c’est une sorte de scarabée pâle, soit c’est une abeille toute roulée en boule qui vient d’être dérangée en plein sommeil.

C’est presque la canicule. Il y a un soleil massif.

A Ploudalmézeau, sur le parking du Leclerc, sous la canicule, un gros type à lunettes, qui ressemble un peu à Eugène Chadbourne, me dit ou plutôt me bredouille quelque chose. Je le regarde. Il a l’air demeuré. Je monte dans ma voiture, recule et vois l’inscription publicitaire peinte sur le capot de son véhicule : TLT, Génie climatique.

Eugène Chadbourne a aimé le CD de monstre : " This is good old psychedelic music, and more. "

Au Leclerc de Ploudalmézeau, j’aperçois sur un étal le fameux " Chasse au congre à Lannilis ". il coûte 8 euros 45.

Nuit : j’entends par intermittence un vent lointain, léger, qui vient et s’accumule contre nos fenêtres, comme des grosses bulles tièdes. On dirait qu’on vaporise.

Corrections du brevet. Lu dans une copie : " sur cent hommes, trois étaient des femmes. "

Sur un toit, une sorte de peau de python retournée.

J’ai toujours mal à la nuque. Evidemment, en revenant de ballade, un type me demande de pousser sa voiture.

Midi, à table, J se souvient des premières cigarettes qu’il fumait en cachette avec ses copains. Comme ils croyaient que ça dissipait les odeurs, avant de rentrer chez eux, ils mâchaient de l’herbe.

Soirée chez R. On boit un verre sur la terrasse, alors que la nuit tombe. Quand on se lève, on n’arrête pas de marcher sur des escargots.

A la caisse du supermarché, une dame sympathise avec un monsieur. Elle lui montre les produits qu’elle vient de déposer sur le tapis roulant : " c’est pour traiter le rail de chemin de fer qui soutient ma maison. "

Raffarin- Villepin : on est passé de Sancho Pança à Don Quichotte.

Reçu un mail : Rolex Replica Yvette.

On se baigne avec G et Y. On prend Y en chasse. On lui court après dans la flotte. G tombe. Je poursuis seul la course. Quand G nous rejoint, il prend son air vexé et dit laconiquement : " j’ai glissé sur une algue ".

Il me décrit la Corse. Il ne veut pas que je sois déçu, du coup le tableau est semi apocalyptique.

En Corse, il y a encore des veuves noires.

Dans son village, il y a P. C’est le voisin. Il est très laid, alcoolique, méchant, et violent.

Des fois, on entend des coups de feu. C’est P qui tire, comme ça.

Quand P tire, le village s’affole.

Une fois, une vache s’est hasardée sur le terrain de P. Il l’a tuée.

On ne l’a su que lorsque des chiens ont déterré les os du cadavre.

Je dis : " personne n’a entendu… ? " Et G assène : " il n’y a pas eu de coup de feu. "

A Plougrescant : Lune rousse.

Le chat de Thomas est malade. Dépression.

On a eu des billets gratuits avec F pour les Vieilles Charrues. Du coup on va voir Iggy and the Stooges.

Du coup, j’ai acheté Hell’s angels de Hunter Thompson.

Aux vieilles Charrues, on commence par patauger jusqu’à l’entrée, pour faire valoir nos accréditations, puis un type nous montre l’autre côté du site, dans le lointain : " vous voyez la colline là-bas ? C’est là. "

Le sol est incroyablement glissant et la boue tient du mascarpone. Ca fait tapis roulant.
Des types s’amusent à se faire porter par la foule. A un moment, l’un d’eux arrive toutes godasses à crampons en avant sur Maëlle. Je donne un coup dedans et il va s’effondrer dans un trou de foule, dans une fosse ouverte entre les gens.

Une dame d’une cinquantaine d’années s’accroche à moi. Elle s’excuse et s’accroche encore plus fort.

Iggy et the stooges jouent : I’m loose, down on the street, 1969, I wanna be your dog, real cool time, dirt, no fun, tv eye, 1970, funhouse, un inédit pompé sur le peter gunn theme, un autre qui s’intitule visiblement "I’m a dead rock star", et remet une dernière fois I wanna be your dog. Rappel: Not right. Pas de titres de Raw Power (doivent pas avoir les droits.)

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