mercredi 31 décembre 2008

BRIMBORIONS

En quittant l'Ostier de Viviane, on tombe sur des voitures immobilisées sur le bas-côté, avec un grand panneau « chasse en cours ». On nous fait signe de ralentir. On passe. Un chien sort des fourrés, la gueule ensanglantée, une sale blessure dans le cou.

Plus loin, des chasseurs et des voitures à gyrophares. Un type énorme avec un chapeau tyrolien et des gros favoris attend avec un fusil.

Pour Noël, je me suis offert le coffret Insect and Western d'Eugene Chadbourne. Une boîte en carton peinte à la main, bourrée de Cds et de CDRs exclusivement consacrés aux insectes.

Dans le coffret Insect and Western, il y a trois Cds et 5 disques gravés, avec des pochettes hirsutes faites à la main, et des partitions insectifiées (voir scans ci-dessous).

Il va falloir que je songe à suivre une psychnalyse. Pour un type qui n'aime pas spécialement les insectes, je possède aussi les oeuvres complètes de Jean-Henri Fabre (Souvenirs entomologiques) et les trois tomes de la Vie des insectes de Maurice Maeterlinck...

mardi 30 décembre 2008

BRIMBORIONS


Le matin des magiciens, page 476 : « Zimanski, savant allemand de Tübingen, élève du génial Conrad Lorenz, a étudié durant trois ans les escargots en s’assimilant leur langage et leur comportement psychique, de sorte que les escargots le prenaient réellement pour un des leurs. »

Le matin des magiciens, page 539, à propos de la décapitation du roi Charles 1er :
« Si Charles 1er avait été un géranium, les deux moitiés auraient survécu. (J.B.S Haldane)»

Pot de départ en retraite d’un collègue d’EPS, un homme très discret. Après le discours de son ami, on lui annonce qu’il va recevoir un cadeau. « Oh ! s’exclame-t-il avec un sourire, un chronomètre ? »

Dédicace de Jane Birkin à Landerneau. On est invité, avec le label Last exit records à la rencontrer. On discute un peu, on lui donne nos disques, dont celui de Robin Foster. Un type précise : « Ah ben vous devez le connaître, Robin ? » Elle répond : « Non, je ne crois pas… Pourquoi ? » Et le type dit : « Ben, il est anglais ! »

A côté de Paimpont, on va se promener à l'Ostier de Viviane. Il fait un froid mortel. On se gare à côté d'une camionette estampillée: «Fauconnerie: Stages d'effarouchement. »

Une grande femme blonde apparaît au bout du chemin et monte dans la camionette. Au dos du véhicule, on voit une photo d'une chouette avec des yeux ronds. Au second plan la femme, dont le visage est à demi caché par la chouette, qui regarde dans la même direction. Mais son regard est plutôt inquiétant.

En s'éloignant, T me dit: « Je la connais. On l'appelait la folle. »

Et T ajoute: « Elle vit au milieu des faucons. Elle les nourrit avec des bébés chats. »

mercredi 17 décembre 2008

BRIMBORIONS


Je suis en train de lire Le matin des magiciens, que m'a prêté Nicolas H. Citation de Charles Fort page 208: « Il y a probablement un rapport entre une rose et un hippopotame, cependant il ne viendra jamais à un jeune homme l'idée d'offrir à sa fiancée un bouquet d'hippopotames. »

Le matin des magiciens, page 74: « ...une société internationale de chercheurs... Ses moyens de communication même pourraient ne pas être repérés. La T.S.F aurait très bien pu être découverte au XVIIème siècle et les postes à galène, si simples, auraient pu servir aux « initiés ». L'image d'un type du XVIIème siècle, avec une perruque poudrée, communiquant en secret avec un poste de TSF m'a fait rêver toute la semaine.

Arthur, qui a 4 ans , nous dit: « Est-ce que vous savez compter jusqu'à 10 en vietnamien? » Et comme on lui dit que non, il déclare: « Mot, hai, ba, bon, nam, sau, bay, tam, chin, muoi. »

Arthur se réveille et déclare: « J'ai fait un cauchemar. Il y avait un monstre qui me tirait dessus avec un pistolet. J'ai pris un fusil et il y a eu du feu jaune. Il y avait aussi un ogre, et je l'ai gommé. Et un fantôme, et je lui ai donné un coup de pied! »

Et il ajoute: « Et il y avait aussi un squelette, mais il avait des yeux gentils. »

Avec Arthur au Luna Park. J'ignorais qu'il y avait encore des baraques à monstre. Là, c'est marqué en grand: « Jean-Christophe, l'enfant à deux têtes. »

Pour enfoncer le clou, c'est précisé: « Il a vécu jusqu'à l'âge de six ans! Il était doté de deux personnalités bien distinctes, au point qu'on hésite à employer le pluriel à leur propos. »

Et enfin: « chacune des deux têtes contrôlait une des jambes, ce qui rendait la coordination nécessaire impossible. »

dimanche 14 décembre 2008

BRIMBORIONS

Aux transmusicales, je suis allé voir les Residents. Ils étaient tous déguisés en lapins sur scène. Il y avait un guitariste lapin avec des grandes mains, qui jouait des parties de guitare hyper précises, avec un sens de la chirurgie zappaïesque. Je pense que ce n'est pas un membre d'origine: il avait des mains de quarantenaire.
Les Residents ont construit leur légende sur un mystère: personne n'aurait jamais vu leur vrai visage. D'habitude, c'est sous un globe oculaire à haut de forme qu'ils se cachent, ou une tête de mort. Là, c'est des lapins aux yeux phosphorescents.

Personne n'a jamais vu leur visage, mais en transparence, quand ils ont salué la foule, on voyait bien quelque chose, même écrasé sous le bas de cambrioleur qui leur aplatissait le nez et les yeux.

Personne n'a jamais vu leur visage, mais je connais quelqu'un qui se souvient d'avoir pris son petit-déjeuner dans un hôtel parisien, à côté de « vieux américains ». Il ne les a pas vraiment regardés. C'était les Residents.
Personne n'a jamais vu leur visage, et on a longtemps cru que c'était des membres des Mothers de Zappa, ou du Magic band de Captain Beefheart. La rumeur a même couru, au début, que c'était les Beatles qui faisaient ça pour déconner.

Sûrement, leur visage importe peu: ils sont les Residents, c'est tout. Je me demande, quand ils arrivent à un concert, à quel degré de paranoïa ils poussent le curseur. Est-ce que les techniciens voient leur visage? Est-ce que les organisateurs voient leur visage? J'imagine que oui.

Pourtant, Eugene Chadbourne, qui a fait un disque chez Ralph records, le label des Residents, m'a raconté que, le jour où il est allé dans leurs bureaux, il s'est senti très mal, parce qu'il y avait là deux ou trois personnes qui travaillaient normalement, qui se déplaçaient avec des dossiers sous le bras, mais pas de Residents. Il soupçonnait ces employés d'être des faux, mais de jouer la comédie pour le déstabiliser. A un moment, il s'est levé et a crié: « Come on guys! Show who you are! »

En quittant le site des Transmusicales, contrôle de gendarmerie. Là, c'est le gilet du gendarme qui est phosphorescent.

jeudi 4 décembre 2008

BRIMBORIONS


Sur le disque vert, on a mis en musique un poème de Maurice Maeterlinck (1862-1949). L'autre jour, une dame de la SACEM m'appelle me dit: « Il y a un problème. Sur vos bulletins de déclaration, il manque la signature d'un certain monsieur Maeterlinck. »

A la déchetterie de Tréguier, où on est allé balancer les vieux trucs du garage de Maman, il y a quatre ou cinq types qui philosophent au bord des cuves de ferraille, de tout-venant à incinérer ou de gravats inertes. De temps en temps, un des types descend dans la cuve et en ressort l'oeil brillant, avec un truc à la main, qu'il va pouvoir revendre.

Le chef est un gars jovial, au regard doux, qui porte un gilet fluo avec des bandes orange et un bonnet de laine. Il commente tout ce qui sort du camion, mais sans émettre de jugement. Il évalue juste le plus court chemin pour s'en délester. « Ca, vaut mieux le recharger et rouler jusqu'à la cuve des gravats inertes. Comme ça, vous serez plus près de la cuve à ferraille. Mais bon, vous faites comme vous voulez, hein, moi je dis ça juste comme ça. »

Reçu un mail d'Eugene Chadbourne. Il me dit de saluer tous les gens qu'il connaît à Brest et ajoute: « Let me guess... Is it raining? »

Le facteur sonne rageusement pour me remettre le livre (le tome 4 du cycle des contrées de Jacques Abeille) qu'il n'arrive pas à rentrer dans la boîte aux lettres. J'ai de la chance. D'habitude, il le plie en deux et le rentre aux forceps.

La poste sonne. C'est un colis: les disques vierges que j'attends avec impatience. Mais le colis est tout ratatiné: on dirait qu'un hippopotame l'a mâché. « Je vous préviens, il est détérioré », me dit la dame. J'ouvre le colis: tout est cassé dedans, Cds et boîtiers. Elle me dit: « Vous pouvez le refuser ». Je le refuse et la dame repart avec mes Cds vierges. Sentiment de vide.

dimanche 23 novembre 2008

BRIMBORIONS


On sonne à la porte. C'est un pompier, qui vient vendre le calendrier de Noël. Il aperçoit la grosse affiche de Magma dans le couloir et il marque un temps d'arrêt. Puis, pendant que je fais le chèque, il dit: « Magma... J'étais fan... » Et il ajoute, avec des yeux intenses: « Et sinon, j'écoutais Catherine Ribeiro et Alpes. »

Je lui annonce que Magma repasse à Brest fin Mars 2009, pour le Festival Invisible.

Arthur lit un livre sur les cygnes et déclare: « On dirait des diplodocus, ou des girafes avec des ailes. »

Je vais au Festival de Guérande, où je suis invité (j'ai collaboré à un ouvrage collectif). 3 heures de route/aller. Là-bas, je suis accueilli comme un chien « Je viens dédicacer... » Une fille: « Comment? » Elle hausse les épaules. « Euh, j'ai été invité à dédicacer... » « Allez au point info » Je vais au point Info « Je viens pour les dédicaces. » Une dame désagréable: « Les quoi? Je suis pas au courant... Allez voir par là. » Une autre dame désagréable: « Je viens pour les dédicaces. » « C'est pas là! Allez voir là-bas! » Je trouve enfin les éditions G. J'ai déjà compris que les organisateurs n'ont commandé aucun bouquin, et que la seule chose que je peux dédicacer, c'est le leur. Mais il n'y pas de chaise, pas de table. « Bonjour, je suis Arnaud LG, j'ai collaboré à votre livre, là, et... J'ai été invité... Pour dédicacer... » « Attendez, vous êtes qui? » « Je (etc...) » « Attendez, qu'est-ce que vous voulez exactement? » « Je (etc...) » « Ah oui, vous voulez vos exemplaires c'est ça? » « Ben, heu, je, oui. » « Les voilà. J'imagine que vous êtes pressé, hein? Bon retour chez vous. » « Pas de dédicace de prévu? » « Je suis pas au courant. » Je rentre à Brest: 3 heures de route. Temps de présence: 10 minutes.

« Cher amis,
Nous vous remercions chaleureusement pour votre participation à l'ouvrage en cours d'impression « ... » réalisé dans le cadre de...
Nous sommes actuellement en cours d'élaboration du programme. Nous souhaitons que vous nous communiquiez vos jours et heures de présences lors de notre manifestation. A cette occasion, nous vous remettrons 10 ouvrages dudit recueil.
Une réponse rapide de votre part nous obligerait... »

6 heures de route pour recevoir 10 exemplaires. J'aurais dû proposer de payer le colis.

mardi 18 novembre 2008

BRIMBORIONS

Terminé le master du Disque vert.

Christophe m'a envoyé la couv de son prochain disque. C'est un concept album sur l'apocalypse (et plus précisément sur l'apocalypse nucléaire). On voit, dans un panache de nuages très beaux cadrés en oblique, un gros nuage noir, et au fond du nuage noir, un petit nuage très rouge.

L'autre jour, je me promène sur le Boulevard Gambetta, et je crois voir, au-dessus de l'île longue, la base de sous-marin nucléaires de l'autre côté de la rade, une représentation miniature de la couverture du dernier disque de Christophe. Un petit amas de nuages blancs identiques, situé juste au-dessus, comme si quelqu'un avait peint sa pochette sur le ciel.

Dans la rue, la nuit, alors que je fume une cigarette dans le couloir, j'entends un type qui passe en voiture. Il écoute un titre de The Chronic de Dr Dre. Je n'avais que la version intrumentale de ce morceau. A travers la porte et la tôle de sa voiture, je découvre la version chantée.

A la cafétaria du Super U, les sandwiches poulet/moutarde/pavot sont classés sous l'étiquette « Rectangles ethniques ».

L'autre jour, j'ai trouvé sur internet les 10 commandements du guitariste, selon Captain Beeefheart. Et j'ai pensé à Morgan: Captain Beeefheart conseille de ne jamais laver sa guitare. Je vois mal Morgan passer la sienne à la peau de chamois. Captain Beefheart conseille de se couvrir la tête pour ne pas perdre son énergie. L'autre jour, comme je félicitais Morgan sur sa capuche, il m'a dit: « Tu ne sais pas que 80% de notre énergie s'échappe par la tête? »

dimanche 9 novembre 2008

BRIMBORIONS: JIMMY CARL BLACK

J'apprends la mort de Jimmy Carl Black. Il avait été l'un des membres les plus fameux des Mothers of Invention de Zappa, avant de jouer avec Captain Beefheart, puis de monter the Jack and Jim Show avec le docteur Chadbourne. On les avait invités tous les deux au premier Festival invisible.

Je me souviens qu'Eugene disait: « I'm not famous, but Jimmy is a legend. »

Eugene était arrivé deux jours avant, et Jimmy a débarqué en train à Brest, de retour d'une tournée des Muffin men ou des Grandmothers of Invention, après avoir été récupérer des cartons de Cd chez lui en Allemagne. Il avait 68 ans, et il était déjà malade, mais ça ne l'empêchait pas de traverser l'Europe pour un carton de Cds.

Je me souviens de l'accueillir à l'hôtel Vauban à Brest. Il mangeait une omelette. Il me demande: « Are you familiar with Zappa's music? ». Je lui réponds: « I prefer the first records, with the Mothers of Invention », et son regard de vieux guerrier cheyenne s'éclaire d'une étincelle bienveillante.

On jouait avec lui et Eugene (sous l'étiquette Monstre). On a répété l'après-midi même de son arrivée. Je me souviens de lui avoir demandé si ça ne le dérangeait pas que j'enregistre les répétitions et il s'est approché de moi avec un air menaçant. Il m'a pris par la nuque et il a approché son visage du mien, avec une moue terrible. Et il a déclaré: « I don't give a shit, man! Record what you want! » Et il a éclaté de rire.

A la réception de l'hôtel Vauban, le jour de son départ, il m'a dit que certaines personnes ne comprenaient pas pourquoi il jouait avec Eugene. Il m'a dit qu'il avait connu plein de guitaristes dans sa vie, qu'il avait été ami avec Jimi Hendrix, mais que décidément, personne ne jouait comme Eugene.

Il était déjà malade. Il m'a dit: « Man, shit! I've got Leucemia! », comme si c'était une punaise qui le démangeait et qu'il allait finir par écraser à coup de poing.

Quand Eugene est venu jouer sur Le disque vert, en Mai dernier, il partait ensuite en tournée au Japon avec Jimmy. Il avait l'air d'aller mieux. On n'imaginait pas qu'il ne passerait pas l'hiver.

vendredi 31 octobre 2008

BRIMBORIONS


Cette nuit, rêvé que je visitais les coulisses d'un musée genre le Louvres. A l'entrée, on me dit, « vous pouvez garder le dessin de votre choix ». J'hésite devant une fusée de la Nasa peinte sur de la céramique, et je repars avec un bocal d'eau de Cologne lesté d'une tête de mort métallique.

Un peu déprimé. Il pleut. Je regarde par la fenêtre et j'aperçois, dans l'angle, une araignée qui traverse sa toile et se jette sur une pauvre mouche.

Je cuisine des patates douces en écoutant Shockabilly.

J'ai mis en ligne mon blog sur Eugene Chadbourne. Le projet est pharaonique: chroniquer tous ses albums. Et plus je vais, plus je mesure l'ampleur du problème. C'est une oeuvre immense, et c'est un artiste immense. Chadbourne, c'est Sun Ra. Pas moins.

C'est la Toussaint. Aujourd'hui, pour la première fois, on va fleurir les tombes avec Maman. Arthur court entre les croix blanches des soldats américains.

Plus loin, les croix grises des soldats allemands.

Le soir, Arthur dessine une croix « avec plein de traits dessus. »

Puis il dit: « je vais dessiner un labyrinthe avec plein de trucs qui dépassent. »

Puis il dit: « Maintenant, je vais dessiner un truc vraiment magique: le plus grand triangle du monde. »

Au concert d'Henri Texier, j'ai l'impression que quelqu'un me frôle la nuque. Je me retourne. Personne.

dimanche 19 octobre 2008

BRIMBORIONS

Fait un rêve. Je me promène avec le chanteur Valier, et on marche sur une sorte de promenade. Dans le ciel noir passent de grandes méduses volantes, qui brillent et palpitent.

Vu Chapi chapo à Saint Renan. On est allé au bord du lac, on a mangé nos sandwiches en regardant les canards. A un moment, une sorte de cormoran avale un gros poisson. Puis un cygne amerrit pattes en avant comme un gros hydravion gonflé à l'hélium. On parle de musique, de son futur album, et du packaging du disque vert.

En quittant l’hôpital, j’aperçois, dans la lumière des phares, pendu au rétroviseur d’une voiture, un attrape-rêves.

Hôpital. Je passe dans le couloir pour aller chercher un DVD. Je passe devant des portes fermées, avec les prénoms des enfants malades. Je vois devant une pancarte « enfant en isolement ». Maëlle a vu un petit hier, qui avait perdu ses cheveux à cause de la chimio. Je sais que certains philosophes ont cherché des preuves de l’existence de Dieu. Mais ils s’épuiseront à la tâche. Qu’un enfant de quatre ans puisse mourir d’un cancer, c’est la preuve irréfutable qu’il n’existe pas.

Ou alors, si Dieu existe, je comprends qu'il se cache.

Trouvé dans la salle de jeux de l'hôpital, un livre apparemment auto-édité (quoique crédité aux « éditions mondiales »), de Yan Balinec, intitulé Judickael, conte intitatique. « Yan Balinec, breton de 32 ans, vit à Douarnenez. Destiné par sa famille d'abord à la carrière militaire, puis à la vocation religieuse, il doit finalement remplacer son père à la tête de son laboratoire de prothèse dentaire. »

A la fin du livre, sa bibliographie. Il a écrit un livre sur les évènements de Plogoff et sur Jakob Boehme, intitulé « le cordonnier céleste », ou quelque chose comme ça.

La couverture est dessinée ou gravée par un certain Cornou. Je me souviens: Jacques Cornou, c'était le maître de Gilles.

jeudi 9 octobre 2008

BRIMBORIONS

Sur le parking du Super U à Saint Renan, alors que je pensais à Patrice, alias Chapi Chapo et les petites musiques de pluie, qui a joué sur mon disque, on m'appelle. Je me retourne: c'est lui. Il travaille deux jours dans la semaine au collège Saint Stanislas.

Matinée pluvieuse à Brest: je marche dans le quartier du château entre Sacem et le reprographe, et je fredonne un air, sans me souvenir de ce que c'est. Soudain, ça me revient: c'est le générique de Zorro.

Reçu ce mail: "L'énergie pour votre penis: acheter et encomiser 85 %
- Le sexe donne plus de satisfaction que jamais. Le stress et la tension ont disparut. Elle n’est pas plus chagrinée, je n’ai plus peur de dire non. C’est un magnifique sens physique, d’où on profite des sensantions profondes.
- La meilleure chose dans le Vi. c’est l’assurance qu’on peut «voler en pilote automatique». Affaibli on découvert le pot aux roses, le pénis reste prêt, même si on arrête (les enfants frappent à la porte de la chambre à coucher, le chien aboye, le condom glisse). Quand on prend le Vi., ça peut être une grande surprise pour un partenaire. Un conseil: ne lui dîtes pas que vous prenez le Vi., le jugement féminin porté sur soi-même est aussi vulnérable que le nôtre."

lundi 6 octobre 2008

BRIMBORIONS


Cette nuit, j’ai fait un rêve. Je suis arrivé devant un château fantôme mystérieux nappé de brumes en lentilles, comme des corolles de champignons. Une sorte de crainte mêlée de joie m’envahit. Il y a un gardien. Je renonce à le visiter, de peur de déranger. Je sens que c’est un très vieux dieu.

Au Mac Guigan’s, Eugene Chadbourne, qu'on a invité à venir jouer sur le disque vert, montre une plaque posée sur une poutre : Downs road. Et il ajoute : « C’est curieux, c’est là que Derek Bailey vivait à Londres. »

Il me raconte aussi que Derek Bailey était fasciné par une émission de jungle qui passait à la radio, parce que le DJ n’arrêtait pas de toaster dessus, et que a le mettait d’une telle humeur qu’il ne pouvait pas s’empêcher de prendre sa guitare et d’improviser par-dessus.

Eugene, à l’hôtel Vauban, est arrivé le soir du concert de Daniel Darc. Il me dit : « sur l’affiche on aurait dit un type très costaud et très fort. J'avais peur de lui. En fait, je l’ai croisé au petit déjeuner, il est plus petit que sa photo, il est tout voûté et il buvait une bière à 8h30 du matin. »

Eugene s’est découpé un masque de Daniel Darc dans une affiche, et a joué Le mollusque sur scène avec.

Reçu ce spam : « Bonjour, J'ai voulu savoir comment augmenter la taille de mon engin car je me sentais complexe. Hormis des sites en anglais, je trouvais rien. Enfin ce matin, j'ai touve exactement ce que je cherchais. Bonne Journee »

Je mange un sandwich sur le parking du super U à Saint Renan, quand j’aperçois un nuage de fumée sur ma gauche. Je regarde : deux types sont en train de fumer. L’un porte un anneau à l’oreille et il est chauve. Mon sandwich terminé, je recule en même temps qu’eux, et nos voitures se croisent. La leur est toute noire ou bordeaux foncé, et on peut lire que la portière : « Tanathopraxie – Science mortuaire. »

Rêvé que j’ouvrais des boîtes de conserve pleines de morceaux d’étrons flottants. Réveillé traumatisé.

Pris Valier en stop à Saint Renan, au même endroit où j’avais pris le hippie de Lampaul la fois d’avant. Le type avait un sac de linge sale avec lui, alors que Valier trimbale ses courses.

Vu sur internet, la formule du parfait sandwich au cheddar : « Pour les mathématiciens, la formule est W=[1 + ((bd)/6.5)) - s + ((m-2c)/2) + ((v+p)/7t)] (100 + l/100). "W" est l'épaisseur de cheddar en millimètres, "b" l'épaisseur du pain et "d" sa particularité (blanc, céréales), "s" est la quantité de margarine ou de beurre et "m" le volume de mayonnaise. Les autres paramètres pris en compte sont notamment la quantité de laitue ("l"), de pickles ("p"), de tomates ("v").

Vu sur internet : « Un Japonais découvre une femme vivant dans un placard de sa maison.Un Japonais, intrigué par la disparition mystérieuse d'aliments dans son réfrigérateur, a eu la surprise de découvrir qu'une femme vivait clandestinement dans un placard de sa maison depuis plusieurs mois.Ce célibataire de 57 ans s'était résolu à installer une caméra de sécurité dans sa maison de Fukuoka (ouest) afin de comprendre ce qui se passait dans sa cuisine. Lorsqu'il a vu sur l'écran de son téléphone portable une femme se promener à l'intérieur de son domicile pendant son absence, il a immédiatement appelé la police." Nous avons fouillé la maison et avons découvert la femme dans un placard", a raconté un porte-parole de la police de Fukuoka. La clandestine, Tatsuko Horikawa, âgée de 58 ans, était cachée dans la partie supérieure d'un placard, à peine suffisante pour accueillir une personne allongée. Elle y avait installé un matelas et plusieurs bouteilles d'eau. "Elle a expliqué aux enquêteurs qu'elle n'avait nulle part où habiter. Elle semble avoir vécu ici pendant environ un an, mais pas en permanence", a déclaré le porte-parole. »

Un type à la radio dit : « tirage au sort. » Arthur, qui écoutait d’une oreille me dit : « Tu as vu Papa, il a dit Tyrannosaure ! »

A la piscine, Arthur me dit : « Papa, tu mets et je mets mon costume de requin. »

Lu dans Moby Dick : « soufflez dans votre trompette ! Faites-vous des ampoules aux poumons ! »

J’ai commencé à mettre en ligne les Brimborions.

Corrections du brevet : « Nous faisions le gai. »

Internet : « Des morts qui brillent de tous leurs feux. La plupart des gens finissent à six pieds sous terre ou partent en fumée, quelques-uns se font congeler ou momifier. Mais de plus en plus de mortels passent leur éternité sous la forme d'un diamant, moyennant finances et une délicate transformation chimique pratiquée notamment en Suisse. Dans la petite ville de Coire (est), la société Algordanza reçoit chaque mois du monde entier entre 40 et 50 urnes funéraires dont le contenu est patiemment transformé en pierre précieuse. "Il y a toutes sortes de personnes: ça va du chauffeur routier au prof de philo", observe Rinaldo Willy, un des deux cofondateurs de l'entreprise, dans le laboratoire où une quinzaine de machines fonctionnent en permanence. Une laborantine, aux yeux protégés par de grosses lunettes en plastique, travaille derrière une ligne jaune et noire que le visiteur n'a pas le droit de franchir, par respect envers les morts. "Cinq cents grammes de cendres suffisent pour faire un diamant, alors qu'un corps humain laisse en moyenne entre 2,5 et 3 kilos de cendres", explique le jeune Rinaldo Willy (28 ans). Les cendres sont d'abord métamorphosées en carbone puis en graphite. Soumises à de très hautes pressions et à des températures de 1.700 degrés, elles deviennent des diamants artificiels en l'espace de quatre à six semaines. Dans la nature, le même processus prend des millénaires."Chaque diamant est unique: la couleur varie du bleu foncé au presque blanc", assure M. Willy. "C'est un reflet de la personnalité". Une fois obtenu, le diamant brut doit encore être poli et taillé suivant la forme désirée par les proches du défunt, souvent celle d'un coeur que l'on pourra porter en pendentif ou bien monter sur une alliance.Le prix de cette âme translucide varie entre 4.500 et 17.000 francs suisses (2.800 à 10.600 euros) suivant le poids de la pierre (de 0,25 à un carat). Un montant qui n'inclut pas la monte, mais qu'Algordanza juge raisonnable."Un enterrement revient très cher: c'est 12.000 euros en Allemagne", lance M. Willy, qui ne révèlera pas le chiffre d'affaires de sa société.Le patron d'Algordanza reconnaît qu'il est impossible de prouver que chaque diamant provient bien des cendres d'une personne particulière. "L'ADN brûle", explique-t-il. Mais "l'empreinte chimique" des cendres, déterminée à leur arrivée au laboratoire, permet d'établir une documentation et de retrouver l'origine du produit fini, assure M. Willy. L'industrie du "diamant humain" est en plein essor, avec des concurrents installés en Espagne, en Russie, en Ukraine et aux Etats-Unis. Fondée en 2004, la société suisse a ouvert des bureaux dans une vingtaine de pays, dont six en dehors d'Europe, et emploie au total une centaine de personnes de par le monde. Elle marche très fort au Japon, qui lui envoie chaque jour entre deux et quatre urnes, et vise désormais l'Inde et la Chine. La plupart des urnes proviennent de familles qui veulent garder le souvenir d'un proche. Mais certaines personnes choisissent de leur vivant d'être incinérées puis diamantisées, un service qui est même offert désormais par des compagnies d'assurance vie.La mobilité de la vie moderne est propice au secteur, estime Rinaldo Willy, qui remarque qu'il est difficile de se déplacer avec une urne à chaque déménagement --d'autant que certains pays interdisent de conserver les cendres d'un défunt à domicile-- ou bien d'entretenir une tombe si l'on n'habite plus à proximité.Quant à l'incinération, elle est de plus en plus courante: en Suisse, elle représente 75% des décès. Le mot "algordanza" signifie "souvenir" en romanche, l'une des quatre langues officielles de la Suisse.

Quand je suis arrivé à Saint-Renan, il y a quelques années, l’une des premières choses qui m’ait frappé, c’est l’enseigne « Veuve Pochard, débitante », sur la vieille place. En quittant la ville cet après-midi, peut-être pour toujours, en m’engageant sur le rond-point, un camion « Pochard » me cède le passage.

Vu Laurent Silliau ce matin, on a parlé de mal de dos. Il m’a dit que selon son osthéo, certains maux de dos dissimulaient en fait des maux de ventre.

J’ai les nerfs qui lâchent. Toute mon année qui me tombe sur la gueule. Je reste allongé, déprimé, et je lis des bédés.

Acheté de l’encens ayurvédique pour équilibrer les humeurs anxieuses.

Départ du tour de France à Brest. On y a emmené Arthur. En regardant passer la caravane, récolté un stylo Etaphotel et quatre petits saucissons apéritifs Cochonnou.

Ce matin, en emmenant Arthur chez Monique, j’entends un oiseau étrange siffler dans les arbres. En fait, c’est un ouvrier qui descend de son échelle.

Reçu ce mail: « Faites-vous des amours, ces montres également. »

Contenu du mail: Chez nous, non seulement sur la qualite de respect, mais aussi sur les prix. Nos montres sont-ils tres populaires et vous serez heureux si vous nous maintenant a cette marque de montres. Recevez-vous ces montres tres rapidement, surement et bien. »

Je discute avec Christophe. Je lui dis que si l'île longue explose, ils nous donneront des pastilles d'iode. Je l'ai lu dans un article sur la zone Seveso du port de commerce. Christophe hausse les épaules: « Il y aura des queues pas possibles. Et puis il n'y en aura pas pour tout le monde! » Et il ajoute avec un regard en coin: « Un lot de pastilles d'iode, ça ne coûte que 6 euros sur e-bay. » Je lui demande: « Tu en as acheté? ». Il déclare: « Oui. »

Cette nuit, rêvé d'une salamandre qui sortait d'une espèce de bouillon de culture et me parlait. Ses pattes partaient en ramifications, coupées ensuite grossièrement, comme des racines d'arbres tranchées au hasard.

jeudi 25 septembre 2008

Château de cartes


En ce moment, je suis en train de mixer Le disque vert. C'est mon prochain disque, avec l'orchestre préhistorique. Il y a aussi des invités, comme Eugene Chadbourne, que j'ai rencontré au premier Festival Invisible, ou Noël Akchoté, Christophe Rocher, Nicolas Pointard, Chapi Chapo et les petites de pluie, Moregeometrico, Zalie Bellacicco. On a fait une résidence à la Carène, la salle des musiques actuelles de Brest, on y a donné trois concerts, à chaque fois avec des invités différents, et on y a conçu le disque. Je fais un ping pong de fichiers via internet avec Christophe, notre ingé son, qui a fait les prises de son. Je bouge des boutons, et je lui envoie, et réciproquement. Pour moi, qui ai enregistré tous les disques précédents en autarcie, par souci de contrôle et surtout pour préserver ma liberté, c'est un projet pharaonique. Beaucoup de musiciens très doués, beaucoup de temps, beaucoup de chansons. Et sûrement beaucoup de joie à l'arrivée, même si j'ai plutôt l'impression de marcher dans un tunnel en ce moment.
Je connais Christophe depuis 2001. C'est lui qui a masterisé mes précédents disques. J'ai confiance en lui, ce qui n'est pas peu dire, car j'aurais plutôt tendance à voir en l'ingé son un ennemi potentiel, venu saboter la spontanéité des chansons sous des déluges de reverb, et qui confond le disque avec un bac à sable où essayer ses machines. Avec Christophe, je suis détendu. Il tient un label de musique industrielle et il fait de la musique (du post-indus martial). Quand je l'ai rencontré, je me suis dit qu'un ingé-son qui faisait du post-indus martial ne pouvait pas être foncièrement mauvais, et que lorsque Morgan sortirait sa lime de son étui pour scier les cordes de sa guitare, il saurait le sonoriser au lieu de s'effondrer contre sa console. Je ne me suis pas trompé.

mardi 9 septembre 2008

Pensée du soir


La vie est une farce dont nous sommes les dindons

COUSSINS PETEURS


Recueil de poèmes intempestifs, 2006

Trouver un éditeur de poésie, c'est comme dénicher une botte de foin dans une aiguille. Donc, je publie mes Coussins péteurs ici.

LA NUIT SOUS LE PONT DE PIERRE


Un carnaval d'alchimistes, de cambrioleurs, de musiciens et de fantômes, un empereur à demi-fou, le juif errant, l'ambassadeur du roi du Maroc, une veuve masquée et les secrets de la kabbale en filigrane, dans un décor de quartier juif de Prague en plein Saint-Empire romain germanique. Leo Perutz a un pouvoir: celui d'entortiller ses lecteurs et de les laisser se dévorer eux-mêmes dans le dédale de ses histoires à dormir debout, pleines de magie et de transparence. Au début, j'ai cru que c'était un recueil de nouvelles puis, chemin faisant, j'ai commencé à entrevoir des passerelles, des passages secrets, et finalement a émergé tout un roman, cohérent comme une architecture farcie de passages occultes, conçue pour laisser passer des messagers d'un monde à l'autre, pour trimbaler un trésor, ou pour s'enfuir quand il est trop tard.

lundi 30 juin 2008

Entr'acte


BRIMBORIONS 2002 - 2006 (8 et fin)

Je suis dans une salle du collège de K. J’entends un bruit de mèche, puis une sourde explosion dans le lointain. Je me lève, cherchant le panache de fumée. Je me dis qu’un avion s’est écrasé.

Les élèves de M lui ont dit qu’il s’agissait de la carrière d’à côté.

Week end dans les côtes d’Armor : au Fot Braz, on ramasse des pommes pour le cidre.

Dans la grande salle, sur une table, des livres à vendre : un livre sur la pollution électromagnétique, et des lunettes bombées et fragmentées, sans verres mais avec des grilles, un peu comme des yeux de mouche, accompagnées d’une notice d’explication : " Raster-brille, des lunettes pour apprendre à mieux voir. "

Voiture, en route vers Saint Renan, je passe devant la fac de lettres. Il fait nuit. Des jeunes sont disséminés un peu partout, avec des brassards fluorescents et des gilets de travaux publics. Ils regardent les véhicules avec un air étrange. Quand on passe à leur hauteur, lentement, ils portent un petit objet à leur bouche et semblent souffler dedans.

Exposition Amazonie à l’abbaye de Daoulas. Têtes réduites.

Au fond du parc de l’Abbaye, une statue de Dieu érodée. Sur la plaque en dessous : " Personnage énigmatique, datation inconnue. "

Et plus loin, toujours ce Saint Sébastien sans flèches (avec les trous cependant) au visage asiatique.

Arthur tente de bourrer une tasse en plastique avec des lambeaux de papier toilette qu’il compresse avec les mains.

Dans son lit, il tente de faire la même chose en réunissant tous ses nounours dans un seau.

Prix de Carhaix. Discours des huiles : le parrain, directeur du Télé 7 jours, se livre à un discours sur le Celtisme, Amazing grace, Elvis Presley, le whisky, et termine avec Johnny Hallyday.

En me remettant le chèque, le maire me serre la main avec un sourire entendu et me glisse: " Je connais moi aussi bien les établissements brestois. "

Y est toujours accompagné de sa femme, qui le défend bec et ongles contre l’adversité.

Sur la voie express, un renard mort. Arrivé à Brest, un lampadaire claque au moment où je passe dessous.

L’adjoint à la culture a les cheveux blancs. Très cordial. Tout en postures souples, avec sa veste à rayures et carreaux verts : il s’appelle V.

Saint Malo : je quitte Carhaix et récupère Maëlle et Arthur à la gare de Guingamp.

J’ai un bon sens de l’orientation, mais je me perds toujours à Guigamp. De deux choses l’une : soit la ville a une structure labyrinthique, soit leurs panneaux de signalisation posent problème.

Saint Malo : salon de la BD. Obion reçoit le prix ballon rouge.

Saint-Malo. Sur les murs du palais des congrès, une affiche pour un film intitulé " Les 5000 doigts du docteur T ", ou quelque chose comme ça. Sur l’affiche, un type avec un chapeau en forme de gant.

Autre film de série Z, dont j’ai vu le début à l’hôtel Noz Vad de Carhaix : Filles pour le bourreau, avec un acteur à masque rouge et des instruments de torture en carton-pâte.

Vu sur les affichettes de Ouest France ou du Télégramme : " Brest- Un sanglier sème la panique en ville. "

Vu quelques jours après : " Brest-Sedan : Le stade brestois écrase les Sangliers. "

Au CCM, croisé M, guitariste des feu Devil’s Delight et des Lost disciples, l’incarnation vivante du rock’n’roll : cuir, jeans, guitare, oreilles percées par des choses inavouables. Gentil et courtois. Quand il parle, on entend la soufflerie rouillée de sa respiration.

Dans la voiture, je donne à Arthur un morceau du trépied pour guitare. Il le tient à deux mains et m’imite quand je tiens le volant. Avec sa caquette de fourrure synthétique qui lui fait comme un casque, on dirait un petit pilote.

Arthur joue avec la télécommande de la chaîne et comprend soudain qu’en appuyant sur les touches, on peut agir sur le son.

Emeutes dans les banlieues. Des milliers de voitures qui brûlent. Allocution de Chirac à la radio.

La France est complètement à côté de ses pompes : ça fait plusieurs années que ça dure, mais on vient de s’en rendre compte.

L’ancien président du Pérou s’appelait Alberto Fujimori. Le premier ministre actuel s’appelle Pablo Kuczynski.

Affiches en ville : Casse noisette sur glace.

Voiture devant moi : sur la lunette arrière, un petit coffre doré et damasquiné.

Plus loin, à hauteur des halles de Saint Martin, croisé une péruvienne avec un bonnet traditionnel.

Descendus avec Morgan à la Jungle, voir un concert de Mon automatique. Il avait neigé et grêlé toute la journée : au retour, on patinait presque.

Là-bas, croisé G, le petit indien chrétien amateur de metal . Il nous emmène dans sa voiture, et il nous fait écouter le disque de son groupe, Stamina. C’est du metal Technoriental.

Lorsqu’il a fini, il glisse un autre disque dans l’autoradio : c’est Tatu, le groupe de variété russe. Il nous avoue qu’il aime ça. Il l’a acheté à l’Oreille KC, sous les risées : " Ah, c’est sûr ils se sont bien foutu de ma gueule ! "

J’apporte 9 exemplaires de Basile et Massue à la librairie du festival Longueur d’ondes. R me dit qu’au bout de quelques heures, il n’en reste plus que 3. J’en ramène 10 autres le lendemain matin. A la fin de la journée, je récupère le sac des invendus. Je rentre à la maison et je les recompte : il y en a 19.

A Carhaix pour une dédicace dans une librairie. Deux heures d’attente dans le froid et les courants d’air, 3 livres vendus.

Une dame vient, regarde le livre, le palpe un peu et décide de l’acheter. Elle me dit : " L’alcool je connais. Pas moi, mais quelqu’un, dans mon entourage. Ca détruit tout. Remarquez que c’est vrai qu’on s’est marré. Mais on se marre, et tout s’effondre quand même, comme vous dites. "

Un temps mort : " Et au final, voyez, il a fini par en crever. Et moi je suis resté comme ça toute seule. " Elle se dirige vers la caisse.

Puis elle revient et dit : " Et puis il y en a marre de ces universal et des lorie et ces machins. Ils nous disent toujours quoi acheter. J’en ai marre. Je prends votre livre. Je suis comme ça , moi. "

Problèmes de chauffage : Ca turbine en bas dans la cave, mais les chauffages restent glacés.

Monsieur G vient la première fois. Il ne voit pas où est le problème : on a tout mis sur 5, et ça remarche.

Dès qu’on remet sur 3, ça reglace illico.

G revient, il achève de purger mes radiateurs. Il part le cœur léger.

Ca recommence à déconner. G revient avec son chef : une tête de bonze, un ton décalé, calme, spirituel, totalement décalé. Il explique, ausculte, se livre à des aphorismes, désosse la chaudière, et parvient à trouver la panne. " C’est une histoire de clapet, monsieur Le Gouëfflec, un clapet, puis un autre, puis un autre, voyez ? Alors qu’ils auraient pu tout mettre en une seule pièce. Et tout ça s’encrasse et se bloque. "

Depuis il fait chaud.

Reçu un spam : " Your dick is not only for pissing. "

A la banque, un dispositif avec un gros bouton pressoir : " N’appuyez qu’en cas de malaise. "

Reçu un mail/spam pour du viagra intitulé : " déformation inexpugnable. "

Michel Serre à la radio : j’apprends que c’est Fabre d’Eglantine, un poète, qui a inventé les mois du calendrier révolutionnaire. C’est aussi lui qui a écrit : " Il pleut il pleut bergère. "

Les russes coupent le gaz aux ukrainiens. A la radio : " Différend gazier entre la Russie et l’Ukraine. "

J’ai épinglé un planisphère dans les toilettes. Deux endroits pour passer ses vacances : Les Iles du désappointement (Polynésie) et Repulse bay (Baie d’Hudson).

Journée de merde. Coupé les cheveux. Tête de gland.

Je vais voir le principal adjoint dans son bureau pour une histoire de liste de notes. Au moment de partir, il me dit : " Au fait, monsieur Le Gouëfflec… " Et il ajoute : " Fermez la porte… " Il me dit : " Je vais signer un contrat pour un roman policier chez xxx. Je voulais savoir pour les contrats… "

Je lui dis qu’il faut lire les petits alinéas au cas où il connaisse un immense succès international. Il dit " j’aimerais bien, comme ça je pourrai dire que je suis Proviseur adjoint dans le civil ", faisant référence à l’interview que j’ai donnée dans le Télégramme " Arnaud Le Gouëfflec, Artiste et Professeur dans le civil. "

Le proviseur adjoint a des grosses moustaches style brigade du tigre.

Acheté une platine qui lit les 78 tours. J’ai écouté une sorte de chinoiserie par je ne sais plus qui. J’en suis fou. Et j’ai tenté en vain d’écouter " nous irons pendre notre linge sur la ligne Siegfried, par Ray Ventura et ses collégiens ", qui saute car le disque est gondolé.

Par contre, " De Metz à Strasbourg ", par le Régiment machin, passe très bien.

J’ai hérité de la grand-mère de Maëlle une pochette pleine de 78 tours de musique militaire.

Dans le même temps, je me suis mis à réécouter du dub. King Tubby.

Bu une ampoule de Passiflore pour mieux dormir.

Reçu un mail intitulé : " miserable Pharasmaceutical "

Le chauffage est en panne. Triste sentiment d’impuissance.

En allant au Géant, je me fais rentrer dedans par une BMW. Pare choc déboîté.

Le type ne veut pas signer de constat, il dit qu’il suffit d’aller dans un garage. Les garages sont tous fermés. Je lui fais signer le constat quand même. Ironie du sort, il s’appelle Bordereaux.

Au dos d’une voiture, un autocollant : " Non, un cheval, ça ne se mange pas ! Comité de lutte contre l’hippophagie. "

Sur un panneau dans la salle des profs, mot rageur écrit au marqueur : " Mardi, 9 heures : Horreur dans les toilettes des adultes ! ! ! ! ! " Horreur est souligné trois fois.

On croise le petit G, le clavier métal chrétien indien, au CCM. Il nous raconte que les parents de sa copine sont passés sur " On a échangé nos mamans " sur M6.

G est assis devant un des ordinateurs du CCM. Il essaye de se connecter sur le site de M6, sur lequel il laisse des messages depuis deux jours. " Il y a de la censure ", dit-il.

Christophe sonorise le groupe de G demain soir à Lampaul. Mais Ronan l’aveugle, un type qui traîne au CCM et qui est réellement aveugle, a pris sur lui de faire une annonce dans le télégramme Magazine, sauf qu’il a situé le concert à Saint Renan.

Travaillé dans mon sommeil par le prix Québec-France : j’ai rêvé que je lisais, nu, dans une maison de la presse, une revue appelée " La ligue du sexe Québécois. "

On vient de découvrir un monde perdu au fond de la jungle de Nouvelle-Guinée : deux oiseaux, entre mille autres bestioles, le Méliphage à tête orange, et le jardinier à front d’or. On avait entendu parler d’eux, mais on ne les avait jamais observés.

Reçu cette proposition d’emploi : " BonjourNous sommes un groupe industrielle fondé depuis 1968, par Joel Bertrand,Notre Compagnies s’engagent à fournir le service de la plus haute qualité de service disponible au plus bas coût possible.Nous arrivons ainsi avec l'attitude de "peut mieux faire",et avec enthousiasme à satisfaire les désirs des clients.Dans le cadre d’un Projet d’investissement dans votre pays, noussollicitons votre personne pour assumer la fonction AdministrateurGénéral de notre future Représentation commerciale et partant depiloter le Projet d’un coût total estimé à $10.209.000 US. Le projet concerne la commercialisation l’Alimentation Générale, l'Hôtelleries et enfin le Transport en commun et l'Agriculture avec l’acheminement de 45 autobus américains de transport en commun et la construction d’une gare routière moderne. En retour nous exportons vers les USA quelques matières premières et des pierres précieuses telles que:CASSITERITE ,AQUADELUN VX,CASS MECAetc.. qui interviennent dans l’élaboration des Appareilsélectroniques et des PC( Ordinateurs).C'est ainsi que notre Usine de fabrication est en pénurie de cette pierre la dénommée AQUADELUN VX .Notre choix est d’autant plus conforté puisqu’elle abrite le siège de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières. En vous renouvelant notre ardent désir de nouer d’excellents rapports de coopération avec vous, et toute notre profond respect ,nous espérons une suite favorable à notre sollicitation.Nous restons disponibles à tout échange relatif au projet, etéve ntuellement à vous rencontrer personnellement dans votre pays. Si vous manifestez le désir de travailler avec nous, et si notre proposition suscite votre intérêt, veuillez nous répondre diligemment et promptement afin que le dossier relatif au projet vous soit adressé.NB :veuillez nous communiquer votre téléphone et le fax.Veuillez agréer,monsieur, les assurances de notre profonde etsincère considération.james JACKSONPRESIDENT,CEOWEB SITE: http://stebtransport.ifrance.comTEL/FAX:01 87 16 97 07

En rentrant du boulot, un énorme chien assis à l’entrée du square. Je contourne par la pente entre les arbustes.

Hier, je chercher à saisir un livre de cuisine, et le masque dogon que mon frère m'a ramené manque de me tomber sur la tête, chutant à côté dans la poubelle.

Acupuncture : j’ai l’impression que ma tête est une grille d’énergie. D me laisse tout criblé d’aiguilles, allongé, pendant 20 minutes.

Dédicace au siège d'une banque : le monde de l’entreprise. Les gens sont très gentils, mais moi, ça me donne plutôt envier de me tuer.

Passé la matinée sur des sites de Black Metal norvégien. Plutôt sordide.
En musique de fond, écouté Darkthrone (under a funeral moon). Franchement terrifiant.
Et pour finir, vu la couverture d’un EP bootleg de Mayhem, où l’on voit Dead, le chanteur, suicidé d’un coup de fusil en pleine tête. Franchement déprimant.

Acupuncture : D m’explique d’où viennent les sifflements atroces qu’on entend au dehors, et qui font penser à des fusées de 14 juillet sans l’explosion finale. C’est des trucs pour faire fuir les étourneaux qui plombent le square à côté de leurs déjections.

Il en profite pour fulminer contre diverses initiatives municipales. " Et les étourneaux, ils vont aller ailleurs, c’est stupide. Et les pavés devant la poste, ça y est, ils les ont tout recouverts de bitume ! "

Fini mes séances d’acupuncture avec D.

En fait, D s’est bien gardé de m’expliquer le fonctionnement de son cabinet : il n’est remboursé que sur la base du tarif d’un généraliste. A chacune de mes visites, je l’ai dans l’os de 15 euros. Merci D.

En plus, je suis sûr qu’il a une perruque.

Je passe à Dialogues avec Maëlle pour voir s’il y a encore des dépliants pour le Festival Invisible. On croise G qui me redit qu’elle cherche des textes. Je lui demande si elle veut que je lui écrive une chanson. Elle est enchantée. Moi aussi : je l’ai terminée depuis un moment, mais j’hésite à lui donner. Elle avait refusé la précédente, dans un contexte un peu différent.

Donc, la chanson s’appelle Femme à tête rouge, c’est une histoire de Reine de cœur. En sortant de Dialogues, devant la boulangerie, Maëlle me fait remarquer qu’il y a des cartes étalées par terre et me dit en rigolant que c’est peut-être un signe. Je regarde : la seule qui est retournée, c’est la reine de cœur.

Photos ce matin, avec un photographe qui travaille en free lance pour plusieurs magazines. En arrivant, je lui montre mes deux marionnettes, Diablo et Dino, et son visage se fend d’un grand sourire inquiet.

Tout de suite, il précise : " je te préviens, moi, je suis un déjanté ! "

Il me fait pencher la tête : " je prends tout de traviole, moi, pas de ligne droite ! "

Presse : " Un petit dinosaure surprenant découvert en Allemagne. "

Presse : " Le fils d’un couple congelé a dû incinérer ses parents après une panne. "

Putain de chauffage. Panne depuis une semaine, pas d’eau chaude. Ils devaient venir ce matin, j’attends, tendu jusqu’à l’os, parce qu’avec eux, on ne sait jamais. Ils ne viennent pas. Je laisse un message ulcéré sur leur répondeur. Ils rappellent juste après. Ils arrivent.

Et je viens de graver la chanson pour G, Femme à tête rouge. Je devais la lui porter ce matin, mais je n’ai pas pu bouger, à cause de ces abrutis de chauffagistes !

L m’appelle. Message téléphonique : il sanglote. G est mort.

Il est tombé de son tracteur, et l’enseileuse lui est passée dessus.

Le plus atroce, c’est que c’est lui, même après avoir été touché à la tête, qui a prévenu les pompiers, avec son téléphone portable.

G, c’était un héros de tragédie. Quand je repense à lui, il m’apparaît plus réel que les autres, comme si son image était plus nette.

La dernière fois que je l’ai vu, c’était au Tempo. Il avait un anniversaire. Il m’a dit qu’il ne pouvait pas rester.

Concert au Tempo. L arrive juste avant la fermeture. Il devait accompagner Y, mais avec l’enterrement de G, il n’a pas pu.

Il y M aussi, et C. C dit que le curé ne voulait pas que L et lui parlent et que c’est le frère de G qui a insisté. C a commencé son speech par : " Pour G, le paradis était sur Terre. "

Un oiseau dans la salle des profs. Madame M court après, sans chaussures, avec Monsieur K. Elle finit par attraper l’oiseau, après lui avoir arraché une poignée de plumes. C’est un merle.

L’oiseau sur le rebord de la fenêtre, ne bouge plus, traumatisé. Puis il s’envole.

Festival Invisible : au Leclerc, on va acheter un chou avec G pour que Morgan se fasse un masque. On en profite pour faire une photo. Une vieille dame nous glisse à l’oreille : " moi, ça me donne la déripette. "

Jimmy Carl Black raconte que la mère d’Eugène, un jour qu’il écoutait Sun Ra, lui a dit : " Ils font beaucoup de fausses notes, dis-donc. "

Et son père, une fois qu’il écoutait Trout Mak replica : " Pourquoi écoutes-tu deux disques en même temps ? "

E, en se promenant dans la rue le mercredi, est tombé. Les gens l’ont ramassé. Il n’a pas voulu aller voir de docteur.

Jimmy Carl Black à table, avant le concert du Jeudi, parlant d’Eugene : " I think he doesn’t feel very well, man. "

Entrée de l’Avel Vor, un petit punk, bourré, joue de l’accordéon dissonant. Puis il vomit dans les couloirs.

J’ai cru que c’était "le" punk de Plougastel, mais en fait, il semble qu’il soit venu de Rennes. Il a fait toute la semaine et il a vu tous les concerts, bourré à chaque fois. Il dormait dans sa voiture.

Concert de Pierre Bastien au CLOUS. Le mythe de la caverne : des gens assis dans le noir, qui regardent des images projetées sur un mur. Ses rouages filmés en gros plan cliquent et font des bruits de percussion. Il installe des cylindres hérissés de piquots, qui tournent tous seuls sur le clavier d’un vieux casio. Ca fait des basses, et des mélodies.

Là-dessus, il joue de la trompette bouchée, du violon à un seul crin, et de la sanza passée dans une chambre à échos.

Je discute du mythe de la caverne avec Pierre Bastien, et il me dit que c’est justement le thème du texte qu’il vient d’écrire pour Radio France.

Puis il ouvre sa valise : " tu veux des disques ? " Je lui demande s’il les vend, il me dit : " Oui. " Je lui demande combien je lui dois, il me dit : " ah non, je les donne ! " Il m’en a donné deux.

Eugene, lui, se trimbale une cargaison de disques faits maisons, parfois enrobés de sacs en plastique, parfois emmaillotés dans des chaussettes. Il grave ça maison sur des CDR à motifs de vinyles, comme ceux qu’on trouvé sur Cd rohlinge.

Il y a le Jack and Jim Show, Live with Doctor Dark, How to kill volume II, The doc Chad banjo book, et toutes sortes de monstruosités.

Jimmy vend aussi les siens: il les grave et les imprime sur son propre ordinateur. Il m’offre un double live du Jack and Jim Show : Le premier Cd reflète ce qu’ils sont joué à 20 h, le second ce qu’ils ont joué à minuit. Deux concerts le même soir, m’annonce-t-il avec fierté.

Jimmy dit qu’il était ami avec Jimi Hendrix, qu’il était très étrange, mais que Eugene est le plus étrange de tous ceux qu’il a rencontrés. " Personne ne peut jouer comme lui. Les gens disent qu’ils peuvent le faire, alors je leur dis Just try !!! "

Eugene a un boulot pour all music guide : il est payé cinq cents du mot. Comme il tape vite, nous dit Jimmy Carl Black, il peut se faire cinquante dollars vite faits.

Comme il en discute avec Eugene, il dit : " Yeah, this is a good job. "

Eugene m’explique qu’il doit faire des recoupements, enquêter sur des musiciens. Parfois, ils ont le même nom, et sont tous les deux, ou tous les trois, bassistes de free jazz. Parfois, c’est le même type qui joue dans un groupe de jazz et dans un de heavy metal. " Je dois téléphoner pour me faire tout confirmer. "

Il est tout le temps à la recherche d’un point internet.

En attendant que Jimmy arrive, le mardi 25, il passe une heure à taper des paroles de chansons sur l’ordi du CCM.

Primitifs du futur : Fav Loski, une grande dame froide et étrange, joue du theremin. Ses notes sont d’une justesse absolue. Charles du Vauban me demande : " Mais comment fait-elle ça ? "
Elle joue aussi de la scie musicale et d’une espèce de petite contrebasse miniature.

Et du Ukulélé.

Dominique Cravic, juste avant de commencer à balancer, dit : " on va s’accorder à 342 hz ", pour être au diapason du vibraphone ou du xylo. " Le La est à 340 HZ.

Chadbourne, lui, ne s’accorde jamais. Il joue en Fa au lieu de Mi. Plus il joue, plus il avance dans son concert ou dans la répétition, plus il joue faux. Et de temps en temps, il en rajoute en se désaccordant exprès.

Répétition avec Chadbourne : alors qu’on s’apprête à jouer en Fa, il nous explique " on ne peut pas être tout le temps en Mi. "

Il ne va pas dans les studios, c’est trop cher. Il se sert de " live material ".

Il joue sur une guitare rectangulaire, comme celle de Bo Diddley.

La femme d’Eugene a connu Moondog quand il jouait dans la rue à New York.

On parle de Sky Saxon, de Hasil Adkins, de Daniel Johnston, de Roky Erickson.

Daniel Johnston lui a proposé de faire un disque, mais il a refusé. Il le trouve trop étrange.

Quant à Sky Saxon, il me dit qu’il est vraiment complètement fou. Contacté via la radio par un groupe qui passait à Los Angeles et qui clamait son admiration pour lui, il a dit : " OK, je joue un morceau avec vous, c’est 1 million de dollars. "

On lui fait remarquer que c’est un peu déraisonnable, il dit : " Je crois que je mérite bien ça, depuis le temps. "

Le soir-même, pendant le concert du groupe, il est au premier rang et il crie : " Laissez-moi chanter avec vous, je plaisantais ! "

Eugene se souvient de la première fois qu’il a entendu les Seeds à la radio, quand il était tout jeune.
" Pour moi, dit-il, c’est le premier groupe de punk rock. "

Playlist du concert à l’Avel Vor : Banjo Sam, Born in the bayou, Git jer Jazz, Hoochie coochie man, Help I’m a rock/ Old blue, Untitled bluegrass track, Angels of reality, The Raven, Why don’t we do it on the road, torture russe/ West virginia special.

Juste avant de jouer à l’Avel Vor, je commence à angoisser à cause du public qui n’arrive qu’au compte-goutte. Pierre Bastien me dit que Comelade, il y a longtemps, avait organisé un concert d’Anthony Braxton au Grand Rex de Montpellier. Il y avait eu sept personnes. Braxton avait joué trois heures et demi.

Eugene a une carte blanche au Festival Musique action à Vandoeuvres les Nancy. Il fait venir une cinquantaine de musiciens différents et présente une histoire résumée de la musique américaine.

J’ai acheté Doc Chad banjo book et How to kill volume III (je crois).

Je lui ai offert La vie sous cloche, petite mécanique de nuit et Le chanteur masqué.

En échange, il m’a donné Live with Doctor Dark, Dear Eugene ("Dear Eugene, what you did was not very nice, so I am going to kill! KILL! KILL!") et un album de reprises de Jean-Sébastien Bach au Banjo intituled German country and Western.

Impro entre Eugene, Jimmy et des musiciens de Jazz au CCM : ils jouent The creator has a master plan. Une fille fait un solo avec un ballon gonflable qu’elle gonfle, crève, et dont elle se sert du moignon pour souffler dedans et faire un bruit de sifflet.

Autour d’elle, il y a plein de percussions, une cymbale abîmée, et des mikados.

Le Trio Rosette donne un concert incroyable, jette des sifflets dans la foule, et finit par se battre au milieu de tout le monde.

Eugene et les Residents. Il me raconte la fois où il s’est rendu dans les locaux de Ralph Records parce qu’il était question de faire un disque sur le label. Il y avait des types qui bossaient dans les bureaux comme si de rien n’était. et Eugene les soupçonnait d’être les residents en personne. Ca l’a agacé : " Come on guys, tell who you are ! " Le disque ne s’est pas fait.

Aphorisme : la mort, c’est bien beau, mais ça ne règle pas tout.

Une idée : un conte qui raconte l’histoire d’un type qui doit appuyer sur un champignon dans une forêt. Il le fait, et tout autour de lui s’accélère, et tout pousse plus vite.

On part pour Poullaouen dans les Monts d’Arrée pour voir les sœurs André en concert. Dans la voiture, je cherche ma cassette de Zappa (Freak out !) et je m’aperçois qu’il y a marqué Chants de la Bretagne profonde sur l’étiquette.

Carnets d’Ici et d’Ailleurs : un type qui sert au bar du Festival, qui met une pièce dans la caisse et dit : " Tiens, c’est curieux, c’est la première fois que je tiens un euro depuis qu’on a changé de monnaie. Je fais jamais les courses, j’ai jamais touché de pièce. "

Un autre type passe me voir et de montre un livre intitulé De rerum propriatibus (Le livre des propriétés des choses) par Barthélémy Langlais

Et il ajoute que c’est traduit par un certain Jean Corbéchon. On voit des gravures d’Eléphant réalisées d’après descriptions, c'est-à-dire des éléphants qui ressemblent à tout, sauf à des vrais éléphants.

Un autre type me montre un livre, Aventures d’un voyageur en Australie (neuf mois de séjour chez les Nagarnooks), qui date de 1879, écrit par un certain Perron d’Arc.

On y trouve une description d’un animal sans yeux, sans pattes, sans queue ni tête, qui saute à la gueule des voyageurs et les tue.

Le type m’a également prêté des magazines sur la cryptozoologie. On y parle de Bernard Heuvelmans, célèbre cryptozoologue, auteur de Sur la piste des bêtes ignorées.

On découvre en Novembre 1896 une énorme charogne de poulpe à demi-enfouie dans le sable est découvert sur une plage de Floride, à Sainte Augustine. Ce qui dépasse du sable : 6 mètres de long, 5 de large, et 1 m20 de haut. Taille et poids estimés : 6à mètres pour un poids de vingt tonnes.

J’écoute la compilation que Christophe a faite pour le Festival Invisible. J’encule, version piano, par Gogol 1er et Something came over me, de Throbbing Gristtle.

Pot de fin d’année. Madame T, qui part en retraite, vante dans un discours déprimant les mérites de la majorité silencieuse, du respect, de l’éducation civique.

Sur une affichette, elle avait écrit : " Mais oui mais oui l’école est finie ", agrémenté de notes de musiques, et précisé : " Pour fêter mon départ en retraite, etc… " avant de conclure : " Boire un petit coup c’est agréable. "

Le principal-adjoint fait un discours pour le départ en retraite de F le cuisinier : " La boutade lui montait souvent au nez. "

Finalement, je ne vais pas à la soirée de fin d’année. Je reste chez moi et je cuisine un sauté de bœuf au sésame.

Vacances à Plougrescant. En quittant Brest, affichette Ouest France : " Un homme sauvé des flammes à Brest ". Dans les côtes d’Armor, changement d’affichette : " Un homme périt dans son appartement à Grâces. "

Deux allers-retours à Landerneau pour le festival Kann Al Loar, invité par Hervé. Il y a aussi Gérard, que j’avais déjà croisé à Carhaix. On attend les lecteurs dans un grand salon vide avec des courants d’air.

Heureusement qu’il y a de l’air : il fait une chaleur mortelle.

A côté de moi, le type d’An tu Al Ar mor. Il y a aussi l’écrivain Hervé Elléouët. Après son livre Igor et Betty, que j’ai lu et qui m’a bien fait rire, il vient de publier un autre truc : Cui Cui, poèmes sans oiseaux.

Gérard me raconte des anecdotes. Il aime les histoires. Il raconte comment il est arrivé en prospectant pour son livre sur les bistrots dans un troquet inconnu, le Lapin bleu, à Pouldreuzic. Il entre dans le café et la vieille dame leur dit : " Je vous attendais. "

Il dit : " Dur à trouver, votre commerce. " Elle répond : " Celui qui entre dans mon bistrot, c’est qu’il le mérite. "

Il me raconte également que des aborigènes d’Australie venus à Douarnenez ont élu sa maison Secret Site. C’est devenu un lieu de pèlerinage.

Un soir, un des aborigènes s’est levé pendant le repas, et il a planté un bout de tissu avec une punaise dans une poutre. Personne n’a osé y toucher.

Hervé me raconte qu’il est parti s’encelluler chez des moines (dans les cévennes ?) avec un photographe bloqué dans les années 70, qui fume des joints en prétendant qu’il s’agit de prières à Vishnu.

On prend des bains de mer. On se repose. Cet aprèsmidi, j’ai dormi comme une masse deux heures durant.

Chez Dédé : Arthur jette le ballon globe terrestre par-dessus la rembarde de la terrasse. Il tombe sur la route, rebondit sur le trottoir. Un type moustachu et barbu qui passe par là le récupère, tente de la renvoyer au pied, shoote, et le ballon s’envole dans les jardins des voisins.
Le surlendemain, on repasse par chez Dédé pour le débarasser de son barbecue en pierre, et on recroise le même type, qui passait par là.

De retour à Brest. Hier au Festival Interceltique de Lorient avec Laurent. Rencontré un type qui tient une librairie à Rocherfort en Terre, qui s’appelle " Le point d’interrogation ".
Le type : " Je voulais vendre des livres qui posaient des questions au lieu d’apporter des réponses. J’ai fait di x ans de philo. "

Sur la route, plein de brimborions. Alors qu’on parlait de notre projet Les Papes, on croise une pancarte de lieu-dit : " Le saint "

Plus loin, autre lieu dit : " L’Enfer ".

Et plus loin : " Kerchopine. "

" Pont de Kerchopine. "

On parle des "Papes" et j’aperçois une vierge dans sa maison de verre, sur le bas-côté.

A Lorient, supporté deux auteurs. Le premier sait tout, connaît tout, et son mot favori, c’est Non. Cheveux blancs jaunes, visage rougeaud plié en une grimace condescendante et dédaigneuse, s’occupe de mathématiques financières. " Mes étudiants, au moins, ils commencent à 40 000 euros. "

L’autre, petit, mal sanglé dans son pantalon, chemise bleue auréolée de taches de sueur, porte un chapeau noir. Il est l’auteur d’un livre sur l'acool et le savoir-vivre. La peau de son visage est rouge, on voit des veinules écarlates partout sur ses joues.

A table, il est désigné pour goûter le vin. Il fait un geste brusque pour placer le verre devant la chemise blanche du premier type (" parce que la couleur du vin ne ressort que sur le blanc ") et manque d’en renverser plein sur la robe de D.

Après, il nous abreuve d’un débat sur la culture et la tradition, puis sur la météo bretonne vue de Paris (" C’est toute la connerie du centralisme ", dit le premier type d’un air évident et bougonneux), le breizh cola et la signification du rouge et du noir sur la bouteille, finit par énerver R, l’un des organisateurs du bistrot littéraire, en sous-entendant qu’il n’est pas d’ici.

Le soir, après son intervention, il fait asseoir tout le monde et leur inflige un cours sur l’art de déguster le vin. Il s’exalte.
" Il faut faire rouler. Des arômes. Voilà. Laisser remonter. Encore des arômes. Et puis après, on peut discuter. Qu’est-ce que tu as trouvé, toi ? Et toi ? ah ah ! "
Il s’enflamme : " voilà, maintenant que vous savez ça, tout le monde peut s’y mettre, tout le monde peut progresser. "
" Si vous voulez cracher, c’est très simple, il y a le lavabo. Ca se fait tout simplement. "
Il tente de réitérer son coup du midi, en rapprochant d’un geste vif le verre de rouge qu’il tient à la main du costume du cuistot : " le blanc, ça permet de… ". Une dame passe par là, et manque en prendre plein sur sa robe.
" Je cède la parole à Jean-Pierre. " C’est le cuistot qui a amené la bouffe pour la dégustation. Il s’arrête de parler, au bord des larmes : " Je suis si ému… C’est… C’est un maître. " Pour se remettre, tandis que l’autre prend la parole, il erre du côté des bouteilles de vin.

A la fin, tout le public, des vieux pour la plupart, se rue sur la viande kangourou et les sushis de requin fumé : c’est l’année de l’Australie.

Rentrée des classes : le principal-adjoint me dit qu’il est allé à Malte. Il ajoute qu’il y a 365 églises sur l’île : " Une par jour ! " Il sourit sous sa moustache avec ses petits yeux humides plissés.

Pendant la réunion, je remarque que sur sa cravate, il y a plein de croix de Malte.

Pause midi, je retourne au bar que je croyais être Le poisson rouge. En fait, ça s’appelle Le Dahut. Le bar est fermé pour décès depuis le 21 avril dernier.

Il y a une rose à côté de la pancarte, dans la vitrine . C’est marqué : " Pour Christian ".

Je me souviens de la dernière fois que je suis allé dans ce bar. Il y avait le patron derrière son bar. Christian sûrement. Il lui restait quatre mois à vivre.

Plus loin, sur la place, enseigne d’un café : " Veuve Pochard, débitante ".

Brimborions 2002 - 2006 (7)

Le chat de mon frère ne s’alimente plus, et il passe la journée assis sur un coussin. Il ne pisse plus.

On lui apporte du lait. Il se met à laper un peu.

Emmené le chat chez le vétérinaire pour qu’ils l’auscultent. Je dois le récupérer ce soir à cinq heures.

Pendant la piqûre d’anesthésie, je tenais le chat par la peau du cou. Il s’est débattu. Il s’est mis à cracher : on aurait dit un cobra.

Soirée au Fot Braz : discuté avec R. Il a quitté la RFA en 1978. Je lui ai demandé s’il connaissait le krautrock. Il connaît.

R dit : " en ce moment, les gens sont en train de s’individuer. Ensuite, il y aura de nouvelles et profondes solidarités. "

En face de moi, P. Il travaille pour Ouest France et livre les journaux entre quatre et sept heures du matin. Quand on part il est deux heures : il part au boulot dans deux heures. Il hésite à reprendre du Cognac.

Sa sœur est pigiste pour Ouest France. Pour être payée, elle doit découper les articles qu’elle a rédigés et les leur envoyer. Ils payent en retour. Evidemment, elle doit acheter elle-même les journaux.

Le père de l’amie de Pest violoniste. Il est Suisse. Il m’explique que dans toutes les maisons suisses, il y a un abri antiatomique. C’est obligatoire.

Les suisses sont obligés de garnir leur abri avec un nombre défini de bouteilles d’huiles, de pâtes alimentaires, etc… De quoi tenir un siège.

Par contre, en général, il n’y a pas de toilettes, puisque ce n’est pas obligatoire.

Chez le coiffeur GHS coiffure. Il me dit qu’il va peut-être tomber dans les pommes. Il vient de donner son sang. Je lui demande si on lui a donné un sandwich.

GHS coiffure. Je me souviens de tout ce qu’il m’avait dit l’année dernière. Il trouve que j’ai bonne mémoire. Il me demande s’il m’avait dit qu’il vient d’acquérir une maison à Lannion. Je lui dis non. Il me raconte.

GHS coiffure. Je mets une pièce dans la coupelle. Il dit à l’autre coiffeuse, une stagiaire : " le monsieur a mis une pièce pour toi. " Et il ajoute : " c’est pour elle. C’est pour ses bas de soie. " Je lui demande s’il n’en met pas, lui.

Trouvé une petite chauve-souris qui tente de se mettre dans un trou trop petit pour elle. Je la glisse sous la terrasse, où elle semble revivre.

Sur la porte du château de Tonquédec, une affiche pour Jean-Claude Lalanne, rock contestataire, avec la tête de mort.

Allés à pieds au bar de Plougrescant boire une Guinness. Il y a de l’orage : on arrive avant, on part après.

Ce matin, on va sous le soleil à la plage. Un gros nuage tout en longueur, et très noir, se met à nous filer le train. On se baigne sous l’averse. Au loin, des deux côtés, il fait beau.

Quand on remonte vers la maison, il refait beau.

Ma plaque d’immatriculation : ZG 29. Maman me fait remarquer que la plaque de D, quand il était jeune, était GZ 29. Pépé l’appelait Grand Zorro. Et toi, dit Maman, ce doit être Zigomar.

On part en Corse demain. C’est la première fois qu’on voyage depuis la Pologne.

Voyage en Corse : au matin, à l’enregistrement des bagages à Guipavas, on s’aperçoit qu’il nous faut le Livret de famille pour Arthur. Je fais l’aller-retour Guipavas Brest à fond la caisse, au volant de la petite voiture de M.

Transit : dans la salle d’attente, un type lit Les Mémoires du Cardinal de Retz. Un autre lit " Je débute à la mouche. "

Arrivée : nos bagages sont toujours à Paris. On va nous les livrer demain en taxi.

Loriani : en haut des montagnes, au bout d’un invraisemblable lacet de routes trop étroites.

Loriani : Le curé s’appelle Ange Michel. C’est son prénom.

Visité l’église ce matin. Une statue primitive, même genre Art brut, au dessus de la porte d’entrée.

A l’intérieur, un vieux chemin de croix, genre vieille BD, genre Bécassine.

Montée du San Petrone : des crânes de vaches sur le bord du chemin.

Je monte en souffrant, tandis que les autres filent devant. A un moment, G me dit que son oncle N grimpe la montagne en courant. Ca m’achève.

On monte tout en haut dans la forêt de hêtres, aux arbres profondément torturés. Certains poussent en vis.

Tout en haut du San Petrone, il y a une croix. On voit le Cap Corse, et l’île d’Elbe.

Tout en haut du San Petrone, il y a un putain de moustique.

On dort dans des grottes, dans la forêt. Pierrade improvisée. J’ai peur que le feu n’embrase les branches des arbres.

On dort en deux groupes. G et J vont dans une sorte de semi-grotte avec matelas de feuilles. C et moi prés du feu.

La nuit, j’entends fureter et marcher prés de nous. Je pense à une chèvre. J’entends un groin.
Sûrement un cochon sauvage. A moins qu’il ne s’agisse d’un sanglier.

Je me réveille : le ciel étoilé a cédé la place à une nappe bleu gris.

Au matin, j’entends des bruits de gorge. Comme des chants tibétains. En fait, c’est un frelon qui réverbère dans notre grotte. Criant de vérité.

A mon avis, c’est en voulant imiter les frelons qui réverbèrent que les moines tibétains se sont mis à la chanson.

On descend le lendemain. Les chaussures de marche sont trop petites. A chaque pas, j’ai l’orteil qui gonfle davantage.

A la source de la bergerie, un troupeau de chèvres et de boucs vient boire avec nous. Un chien les surveille d’un œil scrupuleux.

Matin suivant : l’oncle N est arrivé. A peine levé, il monte le San Petrone en courant.

N et L montrent les montagnes en face. C’est par là que N est passé une fois. Il a commencé à vélo, puis il a traversé la montagne avec son vélo sur le dos.

J’ai beau scruter les falaises à pic, je ne vois pas par où il a pu passer. Il me montre un léger trait de verdure. " Là, je marchais sur les buissons, ça faisait comme un tapis. "

" Ensuite, dit-il en désignant une zone sombre vertigineuse, je n’ai plus eu qu’à me laisser rouler dans la forêt de châtaigniers. "

Croisé P, la terreur du village. Il était saoul. Il a un gros nez, et des yeux bleus. Ancien marin.

L dit : " qu’il tue la vache passe encore, mais qu’il la dépèce là, comme ça, je n’accepte pas. "

A la plage (Ile rousse), on croise l’animateur télé Stéphane Blakowski, qui passe par là. Au moment de repartir, on le recroise au même endroit.

Dans un trou d’eau, jacuzzi naturel. Je prends toute la cascade dans la tronche et ça fait du bien.

Le cousin de G est Suisse. Il ne sait pas pour cette histoire d’abris antiatomiques, mais il a, comme tous les suisses, une mitrailleuse et des balles dans sa cave.

C’est obligatoire. Le service, là-bas, c’est très contraignant.

Après, il me parle de ces fameuses montagnes mécaniques, qui s’ouvrent en deux pour laisser décoller les avions.

Son amie, A, est bosniaque. Elle est arrivée en Suisse vers 18 ans, quand elle fuyait la guerre.

Concert de Daniel Johnston annulé. Problèmes psychologiques.

J’appelle M et E au matin, à 11 heures, pour le leur dire, mais ils sont déjà partis. Je culpabilise un peu, car j’ai peut-être tardé.

A force d’insister, fini par se faire rembourser les places.

A Brest : un type s’exclame sur mon passage, puis se ravise : " Oh ! Excusez-moi ! Je.. C’est une ressemblance frappante ! " Il s’excuse, puis ajoute : " Pauvre Guillaume… Il faudra bien un jour que cette affaire soit éclaircie ! " A la fin, je comprends qu’il parle de l’affaire Seznec.

Promenade à Rumengol. A l’entrée de l’Eglise : " Dans le Baptistère, accueil, renseignements, intentions de prières, confessions individuelles. "

Aux Jeudis du Port, discuté avec un ancien commando marine. Il nous parle du Commando Hubert. " La super élite ", dit-il, avant d’ajouter : " ils sont capables de dormir sous l’eau. "

Lui a été viré pour comportement scandaleux en soirée. Il hausse les épaules. " Je ne vois pas où est le problème. Je me suis fait sacquer. "

E dit : " c’est la piste quoi. " Son visage se fend d’un large sourire : " ouais, la grosse piste, même. A l’étranger, quand il y avait des permissions, je passais tout mon temps en prison. "

Vu un type accroupi prés du Géant, dans un coin totalement improbable, qui fumait, assis sur ses talons. Un petit côté ascète hindou.

Vu et revu le Baron samedi (c’est moi qui l’appelle comme ça, je ne connais pas son nom), une première fois près d’Excalibulles, la deuxième au Géant. Son imperméable est tout sale en bas. Ses épaulettes pendent comme s’il venait d’être dégradé.

Tout le monde à Brest pourrait tenir un journal de ses rencontres avec le baron Samedi. On le croise inévitablement. Il hante.

L’autre qui hante, c’est E. L’autre soir, quelqu’un lui dit : " je ne sais pas où je t’ai vu, mais je te connais. "

A Brico Dépôt, un type à la caisse. La caissière ne sait plus si elle a compté un de ses articles. Elle tente de décrypter le ticket de caisse pour voir s’il y figure. " Comment vous appelez ce truc ? " Le type dit : " hé bien, c’est un pied de biche. Ou un arrache-clous, si vous préférez. " " Ce serait pas plutôt une pince à décoffrer ? " dit-elle en déchiffrant. " Si vous voulez, voilà, une pince à décoffrer. "

En Charentes. Pendant toute une partie de l’après-midi, j’ai écumé Roumazières Loubert, Chasseneuil du Poitou et La Rochefoucauld (joli château) pour trouver un garagiste susceptible de réparer mon autoradio. En vain : ils sont en congés ou en " absence exceptionnelle. "

A force de tripatouiller dans l’habitacle de la voiture, je n’ai toujours pas réussi à refaire marcher l’autoradio, mais j’ai découvert que les hauts-parleurs étaient mités (on dirait des toiles d’araignée) et que le joint de l’antenne était plein de flotte.

Du coup, pour me distraire, j’ai ouvert le Lagarde et Michard de Colette, et découvert que Céline n’a droit qu’à un extrait, dans la rubrique " Critique sociale et peinture des mœurs. "

Par contre, des tartines sur Péguy, Roger Martin du Gard, Les Pasquier, Les Thibault, et les hommes de bonne volonté.

Et puis Maurras, et puis Barrès.

Et Jacques Chardonne, etc…

Il pleut sur la Charente. Chantrezac, ça te casse et ça t’oblige à te reposer.

Reçu ce mail : " Cher ami, je suis avocat Abass Martins et un client décédé de M. Henry Petit de mine un french que j'ai été son conseiller financier pour la décennie morte à Londres sans m'appeler un successeur à sa richesse en valeur $15m.USD vous contacte au tme d'assis en s'assurant que les fonds logés par ma compagnie du client withaFinance/Security sont dégagement à vous car son prochain de l'associé de kin/Business. C'est parce que la compagnie de Finance/security m'a publié une notification d'entrer en contact avec le prochain des parents ou le goverment succédera les fonds et agira en tant qu'administrateur. En attendant, si vous êtes disposé à assister ce transaction.Pls, sensation librement pour me contacter par ce email address pour d'autres clarifications avec l'encluse de votre adresse de contact. J'ai accepte également de vous donner 35% pour votre aide tandis que 60% viendra à moi et le 5% restant sera mis de côté pour les dépenses qui peuvent se produire au cours du transfert. J'attends avec intérêt votre réponse prompte. Merci et Dieu bénissent, avocat Abass Martins "

Thomas est revenu d’Afrique. Il nous raconte ses pérégrinations sur le plateau Dogon. Près des auberges, des fils sont tendus en l’air, pour poser les moustiquaires des voyageurs. Toute la nuit, de gros insectes semblables à des scarabées tentent de percer la toile. Quand ils y parviennent, ils se posent sur la peau. Si on les chasse, ils dégagent de l’acide formique qui brûle méchamment la peau.

Thomas nous montre sa blessure : en voulant essuyer la première goutte d’acide, ils s’en est mis partout, et ça fait une traînée.

Case à palabres : c’est dans une maison à plafond bas que se tiennent les délibérations et les débats. Pour éviter que certains ne s’emportent, le plafond sert de régulateur. On s’échauffe, on se lève, et l’on prend un bon coup qui oblige à se rasseoir.

Dans un article paru sur le site rézolibre au sujet de L’Enfer est pavé de bonnes intentions, le type parle de Marcel Griaule.

Je me demande qui est Marcel Griaule. Thomas me dit qu’il a écrit un livre sur les dogons qui s’appelle " Dieu d’eau ".

Autre sujet de stupéfaction : L’enfer et Monstre chroniqués sur allmusicguide par Eugène Chadbourne.

Je me suis mis à cuisiner : j’ai déjà fait une purée au mascarpone, des crevettes aux mirabelles, des carottes au curry, un Gaspacho verde, des pains d’épices roulés au chèvre et au miel, un Milassou de pomme de terre, une salade romaine, une tarte à la tomate et à la moutarde, une salade Quitou à la pastèque et à la féta, des oranges confites, et là je viens de rater à mort mes œufs à la bisque de homard.

Le site de l’Eglise est mis à jour. Hier, il régresse brutalement et se remet à l’ancienne configuration. Comme Christophe est à Belle Ile, je dois attendre.

Aujourd’hui, il bascule directement sur la page d’accueil du site officiel de Death in June.

Tout à l’heure, le site est revenu comme par miracle en place.

Sur le capot arrière de la voiture, en arrivant au Leclerc, une grosse Sauterelle d’un drôle de vert.

A la caisse du Leclerc, en couverture d’un télé loisirs quelconque : " La personnalité préférée des français : Yannick Noah. " Et après, c’est précisé : " Il a la pêche, il réussit tout, il nous fait du bien. "

Recettes : Soupe au Melon et à la pastèque, Figues au pain d’épices, Champignons au boursin.
Recettes : soufflé de quenelles, roulé de lard aux lardons.

Je mets quelque chose dans la poubelle du dehors. Le voisin qui possède la grosse jeep Cherokee sort, les mains sur les hanches, le regard soucieux. Il me demande : " vous ne savez pas quelle voiture a sonné ? " Je dis non. Il me dit : " Je n’aime pas ça, j’ai déjà vu ça à Paris, ils passent avec des traceurs. Pour repérer les alarmes. " Je le laisse seul, sur le trottoir, les mains toujours sur les hanches, à jeter des regards anxieux et courroucés à droite et à gauche.

Fini de poser le lino. Ca fait des cloques par endroits.

Recettes : tourtous ratés, repurée au mascarpone, recarottes aux lardons.*

Cyclone à la Nouvelle-Orléans : la ville est noyée sous les eaux, les gens meurent dans le Grand Stade, des bandes armées tuent et violent, et tirent sur les secours, et pour parachever le tout, des alligators vomis par les bayous qui débordent viennent croquer les cadavres.

Nouvelle-Orléans : les gens parqués dans le stade du super dome. Des soldats jouent à se passer des bouteilles d’eau par-dessus leurs têtes. La nuit, des rafales de mitraillettes. Des paniques.

Des mères qui agonisent sur la pelouse avec leur gosse dans les bras. Au moment d’évacuer, on sépare les femmes et les hommes.

J’apprends à la radio qu’en 1927, déjà, lors d’un précédent cyclone, ils avaient noyé les quartiers pauvres pour épargner les riches.

Recettes : Pain de lieue, salade de courgettes confites, tarte au bleu et aux poires.

Recette : hachis au roquefort.

Nouveau concert des Seeds, au Vauban : tout noir, alors que le précédent était tout mauve.

Une chanteuse punkette gothique, un guitariste à moitié albinos avec une cravate blanche et une chemise noire, un bassiste à lunettes noires, et Sky Saxon tout vieux, avec son costume de velours à paillettes, son foulard art nouveau, et ses danses de chaman. Le tout plombé par un gros son de fuzz. Je crois que c’était encore mieux que la dernière fois.

Les nouveaux morceaux qu’ils ont joués étaient peut-être les meilleurs du lot.
Satisfy you, no escape, can’t seem to make you mine, pushin’ too hard, Girl i want you, evil hoodoo, Nobody spoil my fun, Rollin’ machine, Mr Farmer, Pictures and designs, out of the quetion, summertime blues, the wind blows your hair, tripmaker, et des nouveaux titres.

Salle des profs : un gros vrp rougeaud, cheveux longs, négligé, avec un T-Shirt graisseux et un pantalon qui lui tombe sur les fesses. Il se démène comme un diable pour vendre ses produits pédagogiques, qu’il trimbale dans une caisse. Tout y est en désordre, et tout semble sale et vieux.

A un moment, le type se met à faire une démonstration de jokari. Il joue et se trémousse devant toute la salle médusée, tapant dans la balle avec une énergie désespérée.

Ce dimanche, on a visité le château de Trévarez, construit au début du siècle par un certain James de Kerjagu, un excentrique.

En brique rouge, avec de l’eau chaude et des téléphones intérieurs : tout était très moderne.

En contrebas, une chapelle, et pas loin une fontaine. Vue panoramique sur Chateauneuf du Faou.

A Trévarez, croisé Bernard Rolland, de l’association Les cousins. Il me parle d’Hervé Bellec et me dit qu’avant, il jouait dans un groupe qui s’appelait Matthieu Donnart Street.

A Trévarez, vu une exposition de dessins et de peintures de Lapicque. J’ai acheté un livre sur lui.

Recettes : Gambas à l’ail, soufflé au café, cake aux pruneaux, aux noix et au lard, Gaspacho au cumin, Croustinis, Salade aux épinards, Salade aux pâtes et à la moutarde, Boudin noir aux pommes cannelle.

Croisé un type près du Comix : la plus sale tête que j’aie jamais vue. Aplatie et déformée.

O m’apprend que ça ne marche pas à la série noire. Je l’ai au téléphone : elle doute, elle se pose des questions. Grosse angoisse.

Le soir, en revenant de Morlaix, je deviens tout blanc. Obligé de m’allonger : contrecoup.

Recettes : Saumon Tandoori, Dhal, Muffin à la mozarella et aux tomates, Magret de canard aux airelles, sauté de porc à la florentine.

Rêvé de pignons de pin qui se déplaçaient le long des caniveaux, comme des petites bouées portées par le flux, et qui se dirigeaient vers l’Inde.

Visite à Angers pour rencontrer Pierre Laurendeau. Bonne après-midi.

Laurent et lui ont bien sympathisé : ils ont eu le même maître typographe, ou quelque chose comme ça.

Visité l’allée couverte de Lesconil, dans le cap Sizun : on dirait un gros squelette de dos de dinosaure.

Juste avant, passés voir l’atelier des Rouille-Gorges : ils ont retapé un corps de ferme.

Le prof dépressif de mon bahut s’appelle P. Il arrive dans la salle des profs : quelqu’un lui demande s’il connaît la réponse à telle énigme. P s’alarme : " Quoi, tu veux me demander des réponses, à moi qui suis en psychothérapie ? "

L’autre jour, il s’énerve, il déblatère. " Je suis sous Tranxène 2000, là, ça va très très vite, direct branché sur le disque Z. "

Et l’autre jour : " Personne ne peut rien dire à P. Ne pas le contrarier. P il est fragile. P il est malade. "

Maëlle et moi on va chercher Arthur. Sur la route qui conduit chez Madame Q, on voit un type étrange, qui vient de poser deux pierres sur le trottoir. Il se recule, l’air mauvais, et crache dessus.

Plus loin, un autre type est également penché vers le sol du trottoir : lui, il regarde les châtaignes qui sont tombées.

BRIMBORIONS 2002 -2006 (6)

Je lis un livre sur Noël : le père Noël est un télescopage entre Saint Nicolas et son valet noir, Black Pete, ou Zwarte piet, lointain avatar de Pan, du dieu cornu, donc une sorte de diable. Les deux personnages (un prototype de Père Noël d’un côté, un Père fouettard préhistorique de l’autre) sont souvent mélangés. D’ailleurs, Old Nick, chez les anglais, désigne le diable, et Nickname (le surnom) désigne notre nom sulfureux, celui qui ne nous vient pas du baptême.

Arthur voit un chien et s’exclame : " Tsien ! " Je ne sais pas si j’ai bien entendu, ou si j’ai interprété, mais je crois que c’est son premier mot après Baba et Momom.

On devait enregistrer le prochain album à l’Oreille KC. On va voir avec Morgan : inondation. On passe les deux heures à éponger, en remerciant le destin de ne pas y avoir déjà déposé le matériel.

Reçu ce mail : " Forgot your umbrella again ? Your brain’s biggest enemies are poor circulation, low levels of essential nutrients, and free radicals. "

Au Zoo de Hiesse, Maëlle dit : " Oh, il y a des zèbres ! ". Puis, se ravisant, : " Ah non, c’est des chaises. "

J, dans la salle des profs du Collège, nous dit qu’il a connu une dame qui vivait près du cimetière de Kerfautras, dans une maison en mosaïque très orientale, où elle passait ses journées assise au balcon à tricoter fiévreusement. De temps à autre, elle descendait pour gesticuler dans le vide au carrefour, traînant sa pelote derrière elle.

On passe en revue tous les étranges : celui que j’appelle le baron Samedi, ce noir barbu qui erre en demandant des sommes très précises aux gens (" vous n’auriez pas deux euros soixante sept ? "), R qui s’entraînait pour les jeux olympiques en marchant de bar en bar et travaillait ses cuisses avec des patins de fonte, le bibliothécaire viking qui marche pieds nus, cheveux au vent, et porte une cape sur son torse nu, hiver comme été. Et le gros écossais en armes avec kilt et tout le tintouin (épée, fourreau…), qui était venu commander un verre au café noir un jour que j’y buvais un coup.

Visité le local du Gymnasium, où on devrait enregistrer le prochain album. La pièce mauve que nous proposait la riche et excentrique propriétaire est impraticable : le sol est creux, les murs sont trop fins. Du coup, on s’est rabattus sur l’ancien sauna.

Aujourd’hui, Morgan a vissé deux lamelles de métal sur la porte du sauna, pour mettre un cadenas.

Festival de Chambéry : au café de la boule, où on va voir des verres, la boule en question, c’est le nez du patron. Une vraie fraise. Il boit du Jack Daniels à longueur de journée. Quand il est pété, il sert des verres à l’oeil et triple les rasades de whisky.

Quatre jeunes filles viennent me chercher à la gare de Grenoble. Dans la voiture, l’une d’elle me demande : " vous aussi, vous avez NRJ à Paris ? "

Elle ajoute : " Ah, moi je croyais qu’on ne la captait qu’à Thonon les bains. "

La bibliothécaire aveugle qui m’a offert une version cassette de Basile et Massue a une machine qui lui permet de lire les mails en braille. Je suis allé voir sa machine : c’est une sorte de table avec des piquots qui sortent et rentrent comme des petits verrous.

Dédicaces : je dis à une dame : " vous voulez que je vous dessine une bouteille de vin ? " Elle me répond : " Oh non, mon Dieu, papa est mort d’une cirrhose. "

Elle ajoute : " C’est comme mon mari, il est mort d’un cancer du poumon. Moi, j’y suis pour rien, ni pour l’un ni pour l’autre. C’est pas moi qui leur apportait à boire ou à fumer. "

Les Charmettes, la maison où Jean-Jacques Rousseau, paraît-il, fréquentait Madame de Warens. Au loin, une montagne avec à son sommet une sale croix monumentale. Elle écrase toute la vallée.

Aux Charmettes, les domestiques dormaient juste au-dessus du lit de Jean-Jacques Rousseau, sur une paillasse, dans le faux plafond.

Festival de Chambéry : la fontaine du centre-ville aux quatre éléphants, a plutôt l’air d’embarrasser les habitants. La dame qui m’emmène à la médiathèque Georges Brassens la trouve très laide. Moi je l’aime bien.

L’explication : les éléphants d’Hannibal pour les uns, le leg du comte de Boigne, roturier (un Leborgne à l’origine), qui avait fait fortune aux Indes.

En haut, au-dessus du fatras d’armures et d’armes exotiques, un bouddha et un ganesh, le dieu à tête d’éléphant.

Il paraît qu’on a essayé de reproduire l’exploit d’Hannibal. L’expédition a échoué à cause des cris des marmottes, qui terrifiaient les éléphants.

Café Chabert : avec les membres du Comité, je discute de tout et de rien, mais surtout des soucoupes volantes et des druides. L’idée d’un roman sur les ovnis me vient.

Maurice Audebert, qui a écrit un premier roman à l’âge de 83 ans et a travaillé toute sa vie comme prof de philo, me dit que tout ce qu’il a appris est tiré de la Phénoménologie de la perception, de Merleau-Ponty.

Franz Bartelt, le parrain du festival, dit : " mes amis ne me croient jamais, quand je leur dis qu’écrivain, c’est un boulot de fainéant. "

Il paraît qu’au siècle dernier, il y avait encore des lois Sardes en vigueur à Chambéry. Des éléphants, des lois sardes : c’est exotique.

Salle des profs : à la récréation, je m’assieds sur une banquette et je me mouche. Ca fait un boucan du tonnerre, qui me fait moi-même sursauter.

F arrive à la maison en vélo. " Je suis venu en vélo ", dit-il simplement. Avant de prendre ma voiture pour aller au local, il décide de laisser le vélo dans ma cage d’escalier jusqu’au soir. Il découvre soudain la clef de sa voiture dans sa poche. Il faut la ramener à C pour qu’elle aille chercher le petit à l’école. On fait un crochet par chez lui, on remet la clef, on va au local. A la sortie, il semble partir dans une autre direction. Je lui demande s’il compte rentrer à pieds. Il dit que non et il monte dans la voiture de C, qui passait par là : " on va faire les courses ". Ils s’en vont. Ca fait trois jours que son vélo est dans ma cage d’escalier.

Dans les angles du local, autour des plinthes, d’affreuses moisissures qui ressemblent à de l’herpès. Ca fait des mousses blanches atroces.

Il a fort à parier que derrière les lambris du sauna, c’est tout vert et franchement pourri.

J’imagine d’odieuses proliférations champignonesques, semblables à des guirlandes de lait caillé.

Passé le local à l’eau de javel. Morgan a mis des tentures au plafond.

J’ai acheté un pot de rillettes de la mer Guyader. Ils ont changé de nom, car le précédent leur portait préjudice. Quelqu’un a dû leur dire. Avant, ça s’appelait Gastr’Océan.

Hier, promenade sur le boulevard Gambetta. Au loin, quelque chose brille sur l’île longue. On dirait un éclat métallique d’une extrême intensité, ou un flash d’appareil photo qui dure. Puis ça disparaît.

Fumée dans la rue : je sors. Une voiture fume comme l’enfer. J est en train d’essayer d’aider la conductrice. Il lui dit de couper le contact. Elle lui montre sa clef de contact, paniquée. Elle l’a retirée, mais la bagnole continue de tourner.

J lui conseille de passer une vitesse et de lâcher l’embrayage, et elle finit par caler. Un épais nuage noir roule dans la rue.

Titre d’un livre vu au Leclerc : " Echec et Tag à Clohars Carnoët. " C’est publié chez Bargain, comme le désormais culte " Chasse au congre à Lannilis ".

Cet après-midi, on va au local (le sauna) et on rencontre Lionel, qui va venir jouer de la guitare avec nous.

Toujours dans l’idée de faire un traité sur l’exotisme : ça pourrait s’appeler " L’Inde en Toc. "

Téléchargé des vidéos sur les ovnis. Sur l’une d’elle, on voit des projecteurs rouges au loin, qui tournent dans les nuages. A un moment, on croit voir la forme d’une soucoupe énorme.

En fait, on refoule les ovnis depuis 1947.

Foo fighters : lumières volant en formation derrière les bombardiers de la seconde guerre mondiale. Elles sont inoffensives.

Je suis au bord de la plage de Tréompan. Un berger allemand me regarde.

Des idées de romans ou de nouvelles : Un type emmène un vieillard à la mort, sorte de dernier voyage mystique, titre : Comment je suis devenu un guerrier Mouktar.

Une grosse dame et son chauffeur : deux paumés prolos qui décident de brûler la chandelle par les deux bouts et d’y aller à fond. La voiture : une vieille jaguar décapotable. C’est l’été.

Une pantomime urbaine nocturne sur le thème de la folie : Réginald le skinhead, Alphonse qui prépare les jeux olympiques, le colonel et l’armée des Indes, un écrivain paumé (le narrateur). Titre : A dreuze.

Un collectionneur qui chercher un disque unique. Sorte de voyage en train mystique.
Et là-dessus, Krautrock et Soucoupes.

Raffarin est parti comme un baudet tout meurtri de son ministère. Chirac a fait un discours où il larmoie. Pauvre Raffarin, qu’il-avait-donc-du-coura-a-age.

Souvenons-nous de Raffarin : un petit type gros, trapu et laid, avec une sorte de bosse, un nez écrasé, admirant l’œuvre de Johnny Hallyday et citant la chanteuse Lorie en exemple, adepte de formules qui tapent (" il faut chasser l’esprit grognon ! ").

Vu L aujourd’hui. Il passe des concours d’infirmier. Il fait toujours un peu de musique.

Sur la route, je devine une objet. C’est une peau de banane.

Dans la zone Kergaradec, un panneau signale la présence d’un truc de paintball. C’est précisé : " labyrinthe de 500 m2 ".

Par la fenêtre de la salle de classes, je vois passer l’intendante et l’homme de services, comme on dit, c'est-à-dire celui qui fait tous les travaux de bricolage et de jardinage au Collège. Ils restent autour d’une butte de terre, en s’en tenant à bonne distance. Puis arrivent les pions. Puis d’autres personnels de services. Puis le principal. Tout le monde se tient à distance. En fait, c’est un essaim d’abeilles qui s’est roulé en boule sur le butte.

Ils ont appelé un apiculteur. Il va venir chercher les abeilles.

Les morceaux du prochain album avancent vite. L’autre jour, je me rends au sauna avec Morgan et je tombe sur Yu en train de tirer les baguettes du Yi King à une fille.

Sur une sorte d’autel, L’enseignement de Ramakrishna. Le livre doit appartenir à Yu. A côté, un cadavre de bouteille de Jeanlain.

On regarde l’Homme d’Aran, de Robert Flaherty, un beau film tout en transparence.

Dans l’Homme D’Aran, on voir un requin baleine. Ca fait toujours bizarre de voir un requin sans dents.

Promenade Boulevard Clémenceau : à nouveau, phénomène lumineux à l’autre bout de la rade, comme un reflet métallique très intense. Même heure, même endroit que la fois précédente, mais cette fois, ce n’est pas sur l’île longue, mais sur la presqu’île de Plougastel.

Très mal dormi. Grosses angoisses. Allergies. Démangeaisons.

J’ai horreur de ça : sommeil translucide cérébral, avec le sentiment que mon cerveau est un disque rayé qui radote la même connerie.

Morgan fait des prises témoin en bas, dans le studio préhistorique. Pour ma part, je tape des brimborions.

Je suis en train de finir Le Fantôme de l’Opéra, de Gaston Leroux. Au début, je le trouvais pénible, mais en fin de compte c’est un roman incroyable. Tout commence par du surnaturel, et tout finit dans la mécanique.

Ce matin, après une nuit paisible et profonde, je suis parti très contrarié pour Ploudalmézeau. Je ne sais pas pourquoi.

Sur la route, un camion. Marqué dessus : Tourbières de France, la Passion du Substrat.

J’ai fini le Fantôme de l’Opéra. C’est génial. La chambre des supplices, ou une simulation de jungle congolaise.

Le petit robot qui était coincé sur Mars vient d’être désembourbé.

Ecrit un petit texte, sur le modèle des Cent noms de chevaux, qui s’intitule Constitution d’un gouvernement.

Affiche jaune du Ouest France : morts étranges de sangliers.

X, clame partout qu’il n’a jamais été saoul. Il n’a jamais bu, ni fumé. Il ne loupe aucune occasion de le faire savoir et de le marteler, tant et si bien que je me demande quelle est la drogue qu’il essaye de cacher.

P entre et demande à X si ce n’est pas son briquet qu’on vient de retrouver. X s’offusque : " Que voulez-vous que je fasse d’un briquet, je ne fume pas ! "

C dit : " Je tente d’arrêter de fumer. " X déclare : " Et bien moi, je n’ai jamais commencé. "

Réveillé avec le dos bloqué : Maëlle me met du baume décontractyl et je fais une réaction cutanée carabinée : on aurait dit que j’étais bicolore.

Vu Nanouk l’esquimau de Robert Flaherty. J’ai compté : ils rentrent à six dans un kayak. Trois adultes, un bébé, un enfant et un chiot.

Vu également un dessin animé, Frozen Frolics, sur-titré Aesop’s sound fables. Ca date des années 30. Un vieux morse déchausse ses défenses pour jouer du xylophone. La musique sonne comme du Spike Jones ou du Raymond Scott.

On nous a volé notre poubelle.

Finalement, on va déserter le local.

Obligé de déposer plainte pour vol de poubelles, pour que la CUB nous en refile une autre.
La plainte est déposée : " Récépissé de déclaration :
Monsieur Le Gouëfflec
Arnaud
Demeurant xxx 29200 Brest
A déclaré avoir été victime de l’infraction suivante :
Vol de poubelle. "
Procès Verbal (sic)
L’an deux mille cinq
Le quatorze juin à quatorze heures dix
Nous, xxx
Gardien de la paix
Agent de police judiciaire
En fonction à la brigade j1
En résidence à Brest
Etant au service
Constatons que se présente à nous Mr Le Gouëfflec Arnaud qui nous déclare :
" le 11/06/2005 vers 19 heures, j’ai sortie ma poubelle du domicile et j’ai voulue l’a rentrée le 12/06/2005 vers 13 heures, j’ai constaté qu’elle avait disparu
j’ai téléphonné à la CUB pour avoir des explications, il m’ont répondu que ma poubelle avait été volée.
Je n’ai aucune idée de la valeur de ma poubelle.
Je suis assuré à la compagnie d’assurance xxx sous le numéro xxx pour le vol
Je n’ai aucune idée sur le où les auteurs.
Je n’ai rien d’autre à ajouter
Je dépose plainte contre x "
Si l’on ne doit retenir qu’une phrase de tout ce que j’aurais dit ou écrit, que ce soit :
" Je n’ai aucune idée de la valeur de ma poubelle. "
Il m’a également remis une liasse de documents sur les droits de victimes.

Dos bloqué : petite hernie au niveau de la nuque.

Ca fait trois semaines que le vélo de F est dans notre entrée.

Ce matin, alors que je sortais avec Arthur, une camionnette de la CUB s’est arrêtée et deux types très aimables en costumes jaune fluo sont venus déposer une poubelle flambant neuve devant la maison.

F a récupéré son vélo.

P m’appelle pour me dire que ce n’est pas possible d’investir le local à Milizac. Après les inondations à l’Oreille KC et le plan du sauna, ça fait la troisième fois. Comme dit Lionel : c’est le mektoub.

Je prends des anti inflammatoires pour l’hernie. sur la notice : " Peut également intervenir, exceptionnellement, un décollement de la peau pouvant s’étendre rapidement de façon très grave à tout le corps. "

Mal à la nuque. Dormi deux heures cet après-midi, en écoutant le premier album de LA Düsseldorf. De temps en temps, je me réveillais, je tentais d’écouter et de me faire un avis, mais je me rendormais.

Toujours vachement mal au dos.

L’autre jour, je prends en stop devant l’hôpital de Bohars un gamin de quatrième. Il avait oublié sa carte de bus. Paniqué. C’est un surdoué, ils vont lui faire passer le bac blanc. Il parle beaucoup. Il sue. Il est angoissé. Au bout d’un moment, il me dit : " je peux vous payer, vous savez, j’ai de l’argent dans mon sac. "

Je lui réponds : " non, le bus c’est payant, mais le stop, c’est gratuit. "

Rêve touffu : j’accompagne un tigre. Il voit des gens. Il leur donne un nom. Il parle. Je crois que le Tigre, c’est Arthur.

En ouvrant le coffre, un insecte tombe sur le bitume. Il avance lentement, tout caparaçonné. Soit c’est une sorte de scarabée pâle, soit c’est une abeille toute roulée en boule qui vient d’être dérangée en plein sommeil.

C’est presque la canicule. Il y a un soleil massif.

A Ploudalmézeau, sur le parking du Leclerc, sous la canicule, un gros type à lunettes, qui ressemble un peu à Eugène Chadbourne, me dit ou plutôt me bredouille quelque chose. Je le regarde. Il a l’air demeuré. Je monte dans ma voiture, recule et vois l’inscription publicitaire peinte sur le capot de son véhicule : TLT, Génie climatique.

Eugène Chadbourne a aimé le CD de monstre : " This is good old psychedelic music, and more. "

Au Leclerc de Ploudalmézeau, j’aperçois sur un étal le fameux " Chasse au congre à Lannilis ". il coûte 8 euros 45.

Nuit : j’entends par intermittence un vent lointain, léger, qui vient et s’accumule contre nos fenêtres, comme des grosses bulles tièdes. On dirait qu’on vaporise.

Corrections du brevet. Lu dans une copie : " sur cent hommes, trois étaient des femmes. "

Sur un toit, une sorte de peau de python retournée.

J’ai toujours mal à la nuque. Evidemment, en revenant de ballade, un type me demande de pousser sa voiture.

Midi, à table, J se souvient des premières cigarettes qu’il fumait en cachette avec ses copains. Comme ils croyaient que ça dissipait les odeurs, avant de rentrer chez eux, ils mâchaient de l’herbe.

Soirée chez R. On boit un verre sur la terrasse, alors que la nuit tombe. Quand on se lève, on n’arrête pas de marcher sur des escargots.

A la caisse du supermarché, une dame sympathise avec un monsieur. Elle lui montre les produits qu’elle vient de déposer sur le tapis roulant : " c’est pour traiter le rail de chemin de fer qui soutient ma maison. "

Raffarin- Villepin : on est passé de Sancho Pança à Don Quichotte.

Reçu un mail : Rolex Replica Yvette.

On se baigne avec G et Y. On prend Y en chasse. On lui court après dans la flotte. G tombe. Je poursuis seul la course. Quand G nous rejoint, il prend son air vexé et dit laconiquement : " j’ai glissé sur une algue ".

Il me décrit la Corse. Il ne veut pas que je sois déçu, du coup le tableau est semi apocalyptique.

En Corse, il y a encore des veuves noires.

Dans son village, il y a P. C’est le voisin. Il est très laid, alcoolique, méchant, et violent.

Des fois, on entend des coups de feu. C’est P qui tire, comme ça.

Quand P tire, le village s’affole.

Une fois, une vache s’est hasardée sur le terrain de P. Il l’a tuée.

On ne l’a su que lorsque des chiens ont déterré les os du cadavre.

Je dis : " personne n’a entendu… ? " Et G assène : " il n’y a pas eu de coup de feu. "

A Plougrescant : Lune rousse.

Le chat de Thomas est malade. Dépression.

On a eu des billets gratuits avec F pour les Vieilles Charrues. Du coup on va voir Iggy and the Stooges.

Du coup, j’ai acheté Hell’s angels de Hunter Thompson.

Aux vieilles Charrues, on commence par patauger jusqu’à l’entrée, pour faire valoir nos accréditations, puis un type nous montre l’autre côté du site, dans le lointain : " vous voyez la colline là-bas ? C’est là. "

Le sol est incroyablement glissant et la boue tient du mascarpone. Ca fait tapis roulant.
Des types s’amusent à se faire porter par la foule. A un moment, l’un d’eux arrive toutes godasses à crampons en avant sur Maëlle. Je donne un coup dedans et il va s’effondrer dans un trou de foule, dans une fosse ouverte entre les gens.

Une dame d’une cinquantaine d’années s’accroche à moi. Elle s’excuse et s’accroche encore plus fort.

Iggy et the stooges jouent : I’m loose, down on the street, 1969, I wanna be your dog, real cool time, dirt, no fun, tv eye, 1970, funhouse, un inédit pompé sur le peter gunn theme, un autre qui s’intitule visiblement "I’m a dead rock star", et remet une dernière fois I wanna be your dog. Rappel: Not right. Pas de titres de Raw Power (doivent pas avoir les droits.)